L’entropie et la vie

La théorie actuelle de la physique sur l’entropie dit que la matière a une tendance au désordre et à l’homogénéité. Il me semble qu’il faudrait revoir ce principe, lui donner sa limite, voir dans quel cas exact il s’applique. En effet, il a été établi en considérant des systèmes inertes où le principe de vie est négligeable. Or, quand l’on regarde le monde, on s’aperçoit que tout a évolué vers un ordre et des singularités pour que la vie apparaisse sur la Terre. Quand l’on regarde la moindre plante ou le moindre animal, on y voit un principe de vie qui s’oppose à l’entropie, qui met de l’ordre et de la singularité. Et cela, c’est sans parler de l’irruption de la spiritualité qui ajoute encore de l’ordre et de la singularité.

Je crois qu’il y a en ce monde un principe de vie plus fort que celui de l’entropie, un principe qui amène à revoir nos équations quand le système considéré contient un jaillissement de vie non négligeable par rapport à la tendance de la matière inerte au chaos. L’univers entier contient ce principe de vie, et cela a permis à la vie d’advenir sur la Terre. Chaque plante et chaque animal contiennent ce principe de vie. On ne peut que constater ses effets dans notre monde : l’ordre et la singularité augmentent. Et cela ne vient pas simplement de l’augmentation du chaos ailleurs. Penser le contraire, c’est rester enfermé dans la théorie de l’entropie et ne pas voir que le monde ne correspond pas à cette théorie. On dit qu’il y a autant de chances pour que la vie apparaisse sur la Terre que dans le fait de lancer en l’air toutes les pièces détachées d’un avion de ligne et d’espérer qu’elles retombent au sol l’avion assemblé. Vous pouvez essayer cela des millions de milliards de milliards de fois, ce qui est à peu près le nombre de planètes estimées dans l’univers. Vous n’y arriverez pas si tout est soumis au hasard. Somme toute, l’idée très répandue que tout se fait par hasard n’a guère été démontrée et contredit ce que l’on voit dans le réel.

Mais comment quantifier cette augmentation de l’ordre et de la singularité ? Je pense qu’il y a une fonction de vie propre à l’univers dont la valeur augmente avec le temps et l’apparition d’organismes vivants. Je pense que chaque organisme vivant a sa propre fonction de vie. On ne peut connaître les valeurs de ces fonctions qu’en les constatant dans le réel, même si des individus d’une même espèce animale ou végétale doivent avoir des fonctions de vie très similaires. Ces fonctions de vie entrent dans l’équation de l’entropie et viennent contrecarrer l’augmentation du chaos. La vie est plus forte que la mort. Et cela est vrai jusque dans la matière.

Mais y a-t-il une particule à l’origine de ce principe de vie ? Je ne le crois pas. Est-ce une intervention directe de Dieu qui en plus de maintenir le monde dans l’existence entraînerait une augmentation de la vie, de l’ordre, de la singularité ? Je ne le crois pas non plus. Je crois que c’est quelque chose de propre à la matière (hulè) au-delà de tout ordre et de toute forme. C’est une qualité qu’elle a en propre, au-delà de ce que peuvent voir nos microscopes, que de tendre vers la vie. C’est un mystère qui nous dépasse, car nous sommes pris dans la matière et ne pouvons pas vraiment comprendre ce que c’est. Peut-on comprendre l’expansion de l’univers ? Peut-on comprendre l’existence de la matière ? Peut-on comprendre ce qu’est la matière ? Peut-on comprendre la vie ? Ce que l’on peut, c’est en voir les effets, et de là en induire des principes.

Il ne s’agirait pas de voir dans ce principe de vie de l’univers une quelconque conscience psychologique ou spirituelle. Mais, il s’agit d’y voir une tendance naturelle à s’organiser pour que la vie végétale et animale apparaisse, pour créer des ordres et des singularités en ce sens. C’est parce qu’il y avait un jaillissement de vie dans la matière, qu’il y a eu des singularités, que des ordres sont apparus, que des formes se sont constituées, que des particules sont advenues accompagnées de l’interaction des forces, que des mécanismes en tout genre se sont mis en place. Tout cela était là pour canaliser le flot de la vie, lui donner consistance. Il n’y a pas de hasard, même dans la matière, mais il y a la vie.

Cette tendance vers la vie s’exprime différemment en fonction des lieux, des environnements et des organismes. L’ordre qui s’installe dans tel aliment, dans tel endroit, dans telle plante, dans tel animal, suit une finalité propre ; la matière ne s’organise pas et n’évolue pas selon le hasard, mais selon cette finalité. Il n’y a pas de principe actif observable causant cette finalité ; elle se trouve dans la matière au-delà de tout ce qui est observable comme on l’a dit plus haut. Ainsi, le miel d’oncle Jean sera toujours meilleur que celui du Supermarché, car il correspond à la manière de s’organiser du métabolisme de ma famille. Ainsi, les champignons de tel forêt seront toujours meilleurs pour m’éviter telle maladie que les champignons d’une autre forêt, car cela correspond à la tendance à la vie qui s’exprime dans cette forêt. Ainsi, les divers animaux apportent chacun leur part pour que la vie se déploie harmonieusement, pour que l’évolution de la matière ne se fasse pas selon le hasard, mais selon diverses finalités. Il y a là un savoir qui ne peut s’obtenir qu’expérimentalement et localement et qui se transmet de génération en génération.

La spiritualité humaine et angélique est là pour accompagner ce déploiement de vie, et pour l’amener encore plus loin, jusqu’à sa plus haute réalisation, jusqu’à des finalités spirituelles. Quelque part, sans la spiritualité, la matière ne peut arriver à son accomplissement, l’ordre ne peut définitivement s’installer dans le monde. Mais la spiritualité se doit de respecter cette vie qui s’exprime dans la matière ; elle doit la contempler, l’aimer, en goûter la saveur, la laisser résonner en elle, l’accompagner dans son chemin vers la vie en préservant sa diversité et son harmonie. Sinon, la spiritualité est une spiritualité de mort qui ne conduit ce monde que vers le chaos. Sinon, le monde matériel ne peut qu’aller plus avant dans le désordre, la maladie et les catastrophes naturelles, et devenir de moins en moins habitable. Mais, dans la spiritualité, comme dans la matière, la vie est plus forte que la mort ; et c’est la vie qui aura le dernier mot.

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