L’heure du septième ange

Nous vivons une époque étonnante… Celle où tout un monde part à la déroute. Que s’est-il passé ? Notre espérance d’un monde de paix aurait-elle été vaine ? Les chrétiens ont amorcé à partir du dix-neuvième siècle un ralliement à une modernité qui s’était construite dans le rejet du christianisme, espérant la transformer. Vatican II a scellé ce rapprochement. Et maintenant nous en goûtons les fruits amers. Ce n’est pas que ce rapprochement était vain et inapproprié. Mais c’est juste qu’il ne fallait pas en attendre plus qu’une tentative de semer ce qui pouvait encore être semé dans l’attente du mystère de la Croix.

De fait, les pères de l’Église nous ont dit que l’Église, qui est le Corps du Christ, était appelée à revivre ce qu’a vécu la Tête qui est Jésus : après la croissance, viendrait la maturité, la Passion, et la Résurrection.

On dit des derniers siècles et de Vatican II que c’est l’Église qui prend conscience d’elle-même : libéré du poids de la chrétienté, elle a le temps et les moyens de s’interroger sur ce qu’elle est, et ce que devrait être un monde chrétien. On perçoit dans tout cela les prémices d’un grand renouveau, comme une préparation pour des noces. Mais ce renouveau ne peut advenir, répétons-le, que par la Passion et la Résurrection.

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Sortie de crise

« Il est digne, l’agneau qui a été immolé, de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire, et la louange. » Ap 5, 12

Le cœur de l’homme est malade. Point n’est besoin de rappeler ici tous les maux qui sévissent chaque jour sous nos yeux. C’est qu’il y a finalement un choix à poser entre la haine et l’amour, qui nous entraîne vers la mort ou vers la vie. Ce n’est pas seulement un choix à notre mesure d’homme, mais nous sommes pris dans des mouvements qui nous dépassent : le Satan et ses démons nous entraînent dans un sens, l’Esprit-Saint, les anges et les saints dans un autre.

Aujourd’hui, le Prince des ténèbres se dresse avec une force inégalée. Le combat est en train de prendre des dimensions quasi-cosmiques, et nous oblige à choisir. L’indifférence ne peut être que la caution du mal, car les structures même du monde dans lequel nous évoluons nous entraînent inexorablement vers l’abîme. Il faut choisir. Comme les Hébreux faisant le pari de suivre Moïse pour quitter l’Égypte vers la Terre Promise, il faut nous mettre en chemin, quitter nos sécurités et nos certitudes, et avancer.

Peu de gens acceptent que nous en soyons réduits à une telle alternative, mais, aujourd’hui, il ne faut plus attendre de secours d’aucune institution, ou d’aucun pouvoir établi, qu’il soit politique, religieux, ou d’un quelconque autre ordre. Les pièges infernaux se referment sur nous, progressivement, et nous serons tous pris dedans. Alors, il faut semer dans la petitesse autour de nous, au niveau local, familial, associatif, là où nous avons encore du pouvoir. Et rester dans l’attente que le Dieu du Ciel daigne intervenir pour ouvrir un chemin.

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Un mystère d’amour qui doit embraser le monde

Adoration du soir et adoration du matin. Soleil couchant et soleil levant. Force centripète et force centrifuge. Union au Christ et vie interpersonnelle. L’amour nous tourne vers l’intérieur et vers l’extérieur. Dans la famille et dans la cité. La perfection de l’amour est d’être une communauté de familles. À chacun de s’ajuster pour ne pas s’enfermer dans l’individualité. Celui qui rompt la symphonie de l’amour ne trouve vers l’intérieur que lui-même, et veut que les autres à l’extérieur ne soient encore que lui-même.

Le Christ se fait petit enfant pour naître dans nos cœurs, comme il est né chez Marie et Joseph, et amener une unité de communion où nous sommes tous différents, tout à la gloire de la Trinité d’Amour. Le mystère de Noël est un mystère à vivre et pas seulement à regarder. Nous ne sortirons de nos égarements qu’en accueillant le Christ Petit Enfant pour former une communauté de croyants tous à l’image de la Sainte Famille.

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Le grand roi

Tapisserie de l’Apocalypse : La Femme met au monde un enfant mâle (Ap 12).

Des légendes et prophéties lointaines ou actuelles, de plusieurs siècles et millénaires jusqu’à aujourd’hui, nous annoncent l’arrivée d’un grand roi. Cela a traversé les âges, et a laissé une ample littérature. Venant de France, qui est la Fille Aînée de l’Église, il doit mettre fin au règne de Satan, et ramener ce monde au Christ et à Dieu. Cela fait écho, dans l’eschatologie juive, à la venue du messie fils de Joseph, de la tribu d’Éphraïm, qui doit préparer le chemin du messie fils de David, de la tribu de Juda. De fait, les juifs attendent deux messies : l’un pour préparer les chemins du Seigneur, comme l’a fait saint Jean-Baptiste, tel Élie le prophète ; et l’autre pour régner durant l’Ère de la Promesse. Ce messie fils de David, pour un chrétien, est le Christ Jésus, notre Seigneur, Dieu s’étant fait homme.

Ainsi, de même que Dieu a envoyé saint Jean-Baptiste préparer sa venue dans la chair, Il nous enverra un élu pour préparer son retour dans la gloire. Ou plus exactement pour faire advenir cette civilisation chrétienne que nous attendons qui doit manifester au monde le projet de Dieu sur sa création, avant que dans un ultime combat eschatologique tout ne s’achève pour la gloire de Dieu. Dieu a décidé, à un moment donné de l’histoire, de revenir par ses saints, pour fonder la civilisation de l’amour qui sera un temps de paix et de justice (cf le livre de Patrick de Laubier, La civilisation de l’amour selon Paul VI).

Cet élu ou grand monarque, certains l’attendent comme un chef politique, de la même manière que les juifs ont attendu le messie pour régner sur Israël et chasser les Romains. Tel n’est pas notre avis. Selon nous, le grand roi a essentiellement une mission spirituelle qui touche à ce qui a été prophétisé sous le nom des petits apôtres de l’amour, par exemple à Marcel Van. Ces petits apôtres doivent manifester au monde les secrets d’amour de notre Dieu. Ils doivent ramener le cœur des hommes égarés vers les beautés du Dieu de Miséricorde. Et ils doivent se rassembler dans un ordre de saints pour porter les combats des derniers temps.

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Lumière du désert

Alors que le rapport sur la pédophilie dans l’Église de France vient de paraître tel un séisme qui va faire beaucoup de bruits, et que le monde par bien des aspects semble en grande difficulté, nous fêtons aujourd’hui la saint Bruno. Celui-ci est le fondateur de l’ordre des Chartreux. À mon sens, c’est le plus grand saint de l’Église d’Occident, car sa spiritualité est la plus contemplative, et son ordre est celui qui a le plus porté ce monde par la prière. Inconnus de beaucoup, les chartreux sont des petites âmes données à Dieu qui permettent à l’humanité de cheminer à travers l’histoire en dépit de tous les dangers. Ils se sont tenus tel saint Jean-Baptiste le Précurseur dans le désert attendant l’Époux. Ils se sont tenus tel saint Jean au pied de la Croix. Ils se sont tenus telle sainte Marie-Madeleine témoin de la Résurrection devant le tombeau vide. La devise de cet ordre est : « Le monde tourne, la Croix demeure ». Grâce à eux, les grâces coulent sur le monde. Grâce à eux, l’Esprit-Saint et les bons anges se répandent partout.

Depuis plusieurs décennies, l’Ordre de Bethléem, de l’Assomption de la Vierge et de saint Bruno, qui se réclame de cette spiritualité, peut permettre à ceux qui le souhaitent de goûter quelque peu à cette vie du saint désert et d’entrer dans l’adoration du Père.

C’est dans ce désert, qu’il y a maintenant plus de onze ans, alors que je pensais y passer bientôt ma vie, une lumière s’est laissée voir à mes yeux lors d’un séjour là-bas, après une nuit d’adoration. Bouleversante, surprenante, inattendue. Il m’a fallu de nombreuses années pour en percevoir quelque peu le contour. Accouchant dans la douleur, j’ai fini par y trouver une immense joie, et comprendre qu’il s’agissait là du Vin Nouveau de l’Évangile.

C’est celle dont nous avons témoignée ici : Montre-nous le Père, cela nous suffit et Communauté de Familles. Elle permet de mieux saisir beaucoup de choses, de les voir sous un angle renouvelé, comme ces réalités de la masculinité et de la féminité qui posent beaucoup questions aujourd’hui : cf. Hommes et Femmes dans le plan de Dieu. J’ai suffisamment cherché, et questionné des théologiens, pour savoir qu’il n’y a rien dans cette lumière qui soit contraire à la foi de l’Église, à l’Écriture et à la Tradition. Seulement, il faut bien voir que notre Dieu est bien au-delà de nos pensées, et qu’il y a encore des choses à découvrir. Elles sont contenues dans la Révélation, mais elles n’ont pas encore été explicitées. Tant que l’Église n’a pas tranchée sur ces questions, il n’y a pas d’hérésie à penser qu’elles sont vraies ou fausses. Mais le jour où l’Église tranchera par le charisme d’infaillibilité, dans un sens ou dans l’autre, alors il faudra adhérer à ce qui sera devenu un dogme. Pour le moment, il est bon qu’il y ait du débat.

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Vous avez dit « complotiste » ?

Saint Georges terrassant le Dragon (Colmar)

Complotiste. C’est aujourd’hui le terme à la mode, dont tout le monde use et abuse. C’est un mot étrange, qui nous parle de lieux secrets où se trament des projets peu respectables. Même si, à l’entendre, on ne sait pas très bien si celui qui participe à ces réunions et organisations de l’ombre est le complotiste lui-même qui serait alors un comploteur, ou ceux, plus ou moins imaginaires, mais qui semblent très nombreux, que le complotiste nous désigne.

Il est intéressant en cette fête des archanges Michel, Gabriel et Raphaël de lever un peu les yeux vers le monde d’en-haut. Les lectures du jour nous y invitent. Et là, il est dit : « Michel, avec ses anges, dut combattre le Dragon. Le Dragon, lui aussi, combattait avec ses anges, mais il ne fut pas le plus fort ; pour eux désormais, nulle place dans le ciel. Oui, il fut rejeté, le grand Dragon, le Serpent des origines, celui qu’on nomme Diable et Satan, le séducteur du monde entier. » Cela prend place dans le livre de l’Apocalypse au chapitre 12 verset 7-9, juste après la septième trompette et la vision de la Femme dans le ciel qui enfante un enfant mâle.

Car le voilà le vrai complot : celui de Satan et de ses sbires. Un complot qui date depuis les origines, qui a amené l’humanité dans sa déchéance, qui a conduit le Christ à la Croix, qui a mis partout la souffrance, la haine et la division… Et on ne peut pas dire qu’ils ne sont pas nombreux dans cette empire de ténèbres. Les démons et les damnés sont une multitude… Malheureusement.

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Communauté de Familles

Notre Dieu est une Communauté de Familles, et non une association d’individualités. Quel grand mystère !

Dieu nous l’a révélé dans la Sainte Famille, quand il s’est fait petit enfant entre Marie et Joseph.

Le Père, source de tout Amour, est une Union d’Amour féconde. Il est analogiquement ce qu’est l’union conjugale et le jaillissement de vie, ce qu’est le mystère de famille, masculin-féminin-enfantin. La source de tous les êtres n’est pas un être solitaire, mais une étreinte d’amour.

On dit que l’Amour Éternel consiste en une unité première, un Père, d’où provient un Fils pour pouvoir aimer un autre, ce qui conduit à un troisième, l’Esprit-Saint. C’est vrai, mais cela ne dit pas tout. Car l’amour n’est pas simplement jaillissement depuis une source pour rencontrer une altérité, il est aussi et avant tout union de deux altérités égales et conjointes pour réaliser une unité, un troisième. C’est ainsi qu’est l’Amour premier, et donc le Père. L’unité de la source divine qu’est le Père est en fait une triade, une union féconde, que l’on peut qualifier analogiquement de masculin-féminin-enfantin. Car la famille humaine est à l’image de sa source divine.

La perfection de l’amour, comme on peut le voir sur la Terre, est d’être une Communauté de Familles. De la Famille originelle qu’est le Père provient le Fils à son Image pour partager l’amour vécu en Lui-même, et non pas être un Amour replié sur son propre bonheur. Et dans ce partage de l’amour vécu surgit l’Esprit, comme une troisième Famille, pour unir cet Amour du Père et du Fils.

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Un chemin de Croix

À la Salette, où a eu lieu une apparition mariale, dont nous fêterons ce dimanche les 175 ans.

La Croix fait peur… Et il faut être aveugle pour ne pas voir qu’elle se dessine à l’horizon pour notre civilisation. Pour avancer vers elle, sans craindre et en gardant la paix, il convient d’avoir les yeux fixés sur ce vers quoi elle nous mène, vers le Royaume qui fait irruption en ce monde. Cela n’est pas évident. C’est pourquoi nous allons tacher ici de dessiner le paysage qui se manifeste à nos yeux.

Voici des extraits des lectures de dimanche prochain :

« Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie… Condamnons-le à une mort infâme, puisque, dit-il, quelqu’un interviendra pour lui. » (Sagesse 2, 12;20)

« Des étrangers se sont levés contre moi, des puissants cherchent ma perte : ils n’ont pas souci de Dieu. » (Psaume 53, 5)

« Vous êtes pleins de convoitises et vous n’obtenez rien, alors vous tuez… » (Lettre de saint Jacques 4, 2)

« Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » (Évangile selon saint Marc 9, 31)

Ces passages nous placent sous le signe de la Croix. Cette Croix que nous avons fêtée mardi dernier. Ils nous dévoilent le péché profond du cœur de l’homme qui mène à la haine, au meurtre, à la mort. C’est ce déferlement du mal qu’a subi le Christ sur la Croix. C’est celui que nous sommes tous appelés à vivre à sa suite. C’est celui qui se manifeste de plus en plus dans le monde.

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À la Une

Le mot de la fin

Nous avons écrit durant des années sur ce blog. Ce fut l’occasion d’élaborer notre pensée, de chercher à décrire ce monde que nous voyions poindre à l’horizon comme une aurore. Beaucoup d’imperfections et d’erreurs sont présentes dans une telle tentative. Entre ce qui est, ce que l’on voit, ce que l’on comprend et ce que l’on écrit, il peut y avoir des différences. Ce n’est qu’avec le temps et la maturation que chaque chose arrive à sa juste place.

C’est pourquoi nous avons décidé de mettre en place un nouveau blog : sagessechretienne.fr où vous retrouverez beaucoup d’articles de ce blog revus et corrigés.

Il nous a semblé de plus que le temps était arrivé de publier le fin fond de notre questionnement théologique sur le visage du Père. C’est quelque chose de bouleversant, un petit mystère d’amour. Mais qui demanderait à devenir une question traitée en Église. Vous trouverez cela dans le lien suivant : Montre-nous le Père, cela nous suffit, ainsi que dans les derniers articles de notre blog : Communauté de Familles

C’est désormais à un travail de bénédictin que nous voudrions nous consacrer pour faire émerger de ce foisonnement d’intuitions un renouveau de la spiritualité.

Montre-nous le Père, cela nous suffit

Icône de Roublev dite de la Trinité : L’hospitalité d’Abraham avec les trois hommes de Dieu au Chêne de Mambré

« Montre-nous le Père, cela nous suffit. » (Jn 14, 8). C’est là la question de Philippe à Jésus. Celui-ci lui répondit : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père ? … »

Le Père… Mais au fond, qui est le Père ? Cela fait deux mille ans que Jésus nous en a parlé, que nous avons scruté son mystère. Mais avons-nous vraiment compris qui il était ? Nous savons que c’est un Père d’Amour et de Miséricorde qui nous a créés dans un projet bienveillant, et qui nous attend pour une éternité de bonheur. Nous savons qu’il vit une éternité d’Amour avec le Fils et l’Esprit-Saint… Mais tant de choses sur Lui nous échappe encore…

À une époque, certains l’ont représenté comme un vieillard qui regarde depuis le Ciel cette Terre où le Fils s’est incarné. Cette représentation a été abandonnée, car elle était la source de trop d’erreurs.

Qui est le Père ? Comment percevoir son Être, et contempler son Visage ?

« Montre-nous le Père, cela nous suffit. »

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