De la médiation des grâces

On dit que Marie est la médiatrice de toutes les grâces. Mais on dit aussi que la charité du Christ est plus grande que celle de Marie. Mais alors, où est la différence ? Qu’a mérité le Christ de plus que Marie ? C’est en fait que Marie est la médiatrice de toutes les grâces pour tous ses enfants, qu’elle a mérité pour eux, mais que pour elle-même les grâces ont été obtenues par le Christ seul. Il en est de même pour Joseph. La différence, c’est qu’ils ont obtenu leur propre salut par Jésus. C’est une énorme différence.

En fait, on ne mérite jamais pour soi-même, mais toujours pour les autres. Si l’on parle de mérite propre, c’est parce que c’est en obtenant du mérite pour les autres que l’on obtient d’aller au Ciel quand on fait partie de l’Église militante. Mais le mérite pour cela ne vient pas de nous, il nous est donné gratuitement. Quand une âme s’élève, c’est tout le corps qui s’élève. Notre propre sanctification est en fait pour les autres. C’est la mesure dont l’on se sert pour les autres qui sert aussi pour nous. Ne soyons pas de ces pasteurs qui se paissent eux-même, mais travaillons pour les autres, sans garder notre propre vigne, car c’est Dieu qui s’en occupe. N’obtenant rien vraiment pour soi, cela ne veut pas dire que l’on n’est pas comblé. Dieu sait réjouir ses petites créatures.

Cela ne veut pas dire non plus que l’on ne doit jamais demander pour soi. Mais si l’on demande pour soi, cela doit toujours être en vue de servir le salut des âmes. Ma demande enveloppe alors finalement mes frères et sœurs, et sert en fait à leur salut. C’est peut-être finalement cela la vie chrétienne : vivre de la Miséricorde, se plonger dans l’abîme de la Miséricorde contre vents et marées pour que les autres obtiennent miséricorde. Seigneur Jésus, Fils du Dieu vivant, prends pitié de moi pécheur !

Une souffrance purificatrice, vraiment purificatrice, c’est-à-dire accueillie comme telle, est en fait déjà rédemptrice, même s’il y a des souffrances qui ne sont que rédemptrices. Seules les âmes du purgatoire qui obtiennent leur purification des âmes qui sont sur la Terre ont une souffrance purificatrice qui n’est pas rédemptrice.

Ainsi, pour nous, quelque soit ce que le Seigneur nous demande de porter, serait-ce le salut de tous nos frères et sœurs, il n’en reste pas moins que notre propre salut et celui de Marie et celui de Joseph auront été obtenus par quelqu’un d’autre, par le Christ, par Marie, par Joseph, et non par nous. La différence est énorme.

Si Marie est corédemptrice, c’est en tant qu’elle l’est pour tous ses enfants, à savoir pour nous. Mais elle ne l’est pas pour elle-même. Et peut-être, des avancées de la théologie sur la place de saint Joseph dans le mystère du salut finiront par nous faire comprendre qu’elle ne l’est pas non plus pour saint Joseph, et que celui-ci est aussi corédempteur pour tous les enfants du Royaume.

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