Un trône de Miséricorde

La troisième colonie

Il était une fois dans un autre monde, dans un autre temps ; c’est-à-dire dans à peu près sept cent cinquante ans.

La Terre a envoyé vers le Ciel vingt-trois colonies qui se promènent dans l’univers dans un déplacement de leur planète respective sous l’action de l’Esprit-Saint. C’est une danse majestueuse qui se vit en harmonie avec tout le cosmos où tout n’est que lumière et mouvement. Une vingt-quatrième colonie est en préparation depuis la Terre ; elle est placée sous la protection de saint François d’Assise et de sainte Claire, en lien avec le Trône d’Éthiopie, celui du quatrième Séraphin.

Les anges et les saints accompagnent la vie des hommes ; ils sont devenus très familiers à l’humanité en chemin. Les anges parlent aux hommes au travers des animaux fantastiques qui vivent avec l’humanité. Les saints apparaissent et disparaissent ; ils viennent jouer, prier, manger, discuter et travailler avec les uns et les autres ; et ils habitent les différentes planètes de l’univers. Chaque saint et chaque sainte ont ainsi leur planète sur laquelle vivent une multitude d’animaux fantastiques dans un déploiement de vie, de langages et de civilisations. Il n’est pas rare qu’ils invitent sur ces planètes l’un ou l’autre des habitants de la Terre ou des colonies pour venir passer un bon moment.

C’est sur une colonie, la troisième à être partie de la Terre, que se trouvent installés Martin et Jeanne. Ils sont membres de l’Ordre de la Croix. Ils sont placés sous la protection du Trône de l’Écosse, qui dépend du troisième Chérubin, celui du gouvernement temporel.

Saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal sont les protecteurs de cette planète, en lien avec le Trône du Portugal. Aujourd’hui, ils discutent avec eux après un repas dominical.

C’est Jeanne qui a la parole :

« Savez-vous si nous irons bientôt faire un tour vers la Terre ? Le prochaine rotation est une rotation de Chérubins ; il doit y avoir de grands préparatifs là-bas.

– Lors de notre dernière rencontre avec la Première Lune, le Petit Prince nous a laissé entendre que nous irions bientôt, renchérit Martin.

– Le Seigneur Dieu, dans son infinie sagesse, veut en effet que nous y soyons pour la fête de la Rotation, répond saint François. Nous allons d’ores et déjà prendre cette direction. Mais, je peux vous dire que le chemin ne se fera pas sans difficultés.

– Il se passe en effet des choses étranges. Le phénomène dont nous avons déjà parlé semble s’amplifier. Jeanne et moi avons observé que de plus en plus de personnes avaient désormais le regard mort, sans vie, sans lumière, comme s’ils avaient été remplacés par des robots qui avaient la même apparence, le même comportement. Beaucoup ne le voit pas, mais pour nous cela apparaît clairement.

– Nous avions un ami prêtre, nous assistions souvent à sa messe, continue Jeanne. Puis il a changé ; cela n’apparaissait pas au premier abord, mais nous n’avons pas été dupes. C’était évident et très triste à la fois : il a été remplacé. Nous assistions encore à sa messe ; mais nous pensions intérieurement qu’il n’y avait plus de sacrement, vu que devant nous ce n’était plus un prêtre, mais une machine ou un clone. Et un jour, il s’est mis à avoir des comportements scandaleux ; il a été relevé de ses fonctions. Nous avons été très affectés ; mais cela ne nous a pas étonnés, vu ce que nous avions compris.

– Ils semblent s’être répandus partout, et ils arrivent même à tromper certaines personnes en se faisant passer pour des saints ou des anges ; beaucoup ont été remplacés, jusque parmi des membres de l’Ordre. Mais le Grand Conseil n’est pas dupe. Il observe et comprend que la Croix se dresse à nouveau sur le monde ; le chemin est cependant difficile, on ne sait trop que faire, et l’on trouve des personnes tentées par des réactions plus violentes.

– D’autant qu’il paraît maintenant certain que les puissances des ténèbres ont créé sur une planète proche de la Terre un monde de souffrance, un monde pour eux. Des gens ont disparu de la Terre et des colonies ; beaucoup ont dit qu’ils étaient partis pour le Ciel, que leur temps était arrivé ; mais les membres de l’Ordre ont plutôt pensé qu’ils avaient été enlevés, et cela fait plusieurs décennies que cela dure, peut-être plus d’un siècle. Ils auraient été réduits en esclavage, ou contraints à devenir des serviteurs des ténèbres. Ou peut-être certains sont même partis de leur plein gré servir là-bas les démons.

– C’est une lourde croix pour Jeanne et moi et pour beaucoup d’autres, c’est à briser le cœur. Penser qu’ici nous vivons dans un monde de joie, d’allégresse et de confort ; et que, quelque part, il y a ce monde de souffrances où l’on opprime des innocents, un monde très certainement pire que tout ce qui a pu être inventé dans les temps les plus obscurs. Un monde où le Dieu d’Amour n’est pas connu ; un monde où l’Évangile n’est plus annoncé. Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand Dieu permettra-t-il cela ? Nous souhaitons que Dieu veuille bien agréer notre offrande et que cela cesse. C’est vraiment horrible. Que Dieu daigne avoir pitié de nous, qu’Il nous pardonne nos fautes ; et qu’Il nous donne la force de pardonner à notre tour à ces bourreaux.

– Certains sont même partis en quête de ce monde, pour tâcher d’y porter la joie et l’espérance, pour y mourir en martyrs ou pour tâcher d’y donner des sacrements et d’y fonder une église secrète. Mais, nous ne savons pas trop ce qu’ils sont devenus. Beaucoup de nos contemporains ne veulent pas y croire : ils vivent avec les saints et les anges, ils ont certainement des petites souffrances, mais ils ne veulent pas admettre que Dieu puisse encore permettre cela.

– Nous sentons par ailleurs un vent de violence naître dans certains cœurs, très certainement attisés par tous ces êtres qui se sont infiltrés parmi nous. Devant un tel mystère d’iniquité, un tel mystère du mal, ils se révoltent, ils veulent prendre les armes, en forger à nouveau, ils veulent faire la guerre pour mettre soi-disant fin à cette horreur.

– Et vous que pensez-vous d’un tel projet ? demande sainte Jeanne.

– Notre Seigneur a dit : « Qui combattra par l’épée périra par l’épée », répond l’autre Jeanne. Cette parole est pour nous. Cela fait des siècles que notre civilisation n’a plus fait la guerre. Revenir a une telle pratique serait abominable, pire que tout. Certains disent que c’est de la lâcheté, mais ils se trompent : le mal occasionné briserait l’équilibre du monde.

– Nous croyons, pour notre temps, au témoignage de la Croix, et rien qu’à celui-là. C’est ce que le Seigneur a voulu pour lui-même. C’est ce qui a été vécu par le Petit Prince et la Petite Princesse au temps des Évènements. C’est le mystère du Troisième Millénaire. Nous ne voyons pas pourquoi cela serait différent aujourd’hui.

– Au cours de l’instauration du Troisième Millénaire, après la victoire sur ceux qui voulaient prendre le contrôle de l’Église, le Petit Prince et la Petite Princesse ont fait comprendre aux gens que ce n’était pas fini, que les antichrists n’avaient pas dit leur dernier mot, qu’ils avaient encore un plan pour prendre le contrôle du monde ; qu’après la route de Rome, il fallait prendre la route de Jérusalem. Ils sont allés jusqu’à la Croix. Les antichrists ont cherché à tout pervertir de l’intérieur ; ils se sont fait passer pour des personnes qu’ils n’étaient pas pour semer le trouble, la discorde, et pour faire croire à l’échec du plan de Dieu. Nous revivons tout cela aujourd’hui.

– Martin et Jeanne, le Seigneur Dieu vous fait confiance. Il compte sur vous. Il vous donne sa grâce pour mener à bien cette mission de mener ce monde jusqu’à la Croix, et jusqu’à la Résurrection. C’est votre mission. Nous voilà arrivés à la dernière grande fête de Pâques du Troisième Millénaire. Celle qui doit ouvrir le quatrième règne chérubique ; le dernier avant la rédemption finale de l’humanité.

La planète de la mort

Il s’appelle le numéro 666. Il est né dans l’usine à bébés, comme tous les esclaves, du moins le pense-t-il. Chaque jour, il doit servir les maîtres, se prosterner devant eux ; il doit les laisser faire ce qu’ils veulent sur lui. Parfois, ils le fouettent, le brûlent, le lacèrent, lui font plein de choses sur le corps, ou le mettent dans d’étranges ambiances et situations. Lui subit tout cela sans rien dire. En fait, cela ne lui fait pas mal, cela ne l’embête presque pas. Il sent en lui une force qui le protège en toute situation, qui lui permet de sourire. Et cela a l’air de beaucoup énerver les maîtres.

Lui, il pense à ce qu’il vit dans son sommeil. Là, un homme en blanc vient le voir. Il est différent de tous les autres ; il est grand, beau et majestueux. Il lui parle et lui sourit. Il y a aussi une personne avec de long cheveux et un voile sur la tête. Ils semblent bien s’entendre tous les deux. Elle vient le réconforter ; elle a l’air de beaucoup l’aimer. Il y a aussi un monsieur avec un grand bâton. Il a eu envie de lui ressembler. Parfois, il y a aussi une autre personne plus petite ; elle a dit qu’elle s’appelait Thérèse. Lui, elle l’a appelé « Lumière d’étoile ». C’est joli. C’est plus joli que 666. Elle lui a montré comment avoir confiance dans la vie.

Il n’a pas le droit de parler avec les autres esclaves, mais à leur regard et à certains gestes, il se dit qu’ils doivent vivre la même chose que lui. Ils lèvent souvent les yeux vers le haut avec un regard de joie. Là-haut. C’est là-haut qu’ils habitent les gens de son sommeil. Cela a l’air d’être beau là-haut. Il ira un jour. On ne reste pas toujours ici. Il y a toujours un moment où l’on part. Il l’a vu.

Il se demande parfois pourquoi l’on doit être en bas avant d’aller là-haut. Un jour, il a vu un maître changer. Après avoir fait des choses horribles à un esclave qui, lui, n’a fait que lui sourire, il est tombé à genoux, la tête dans les mains. On aurait dit qu’il était redevenu un enfant ; il n’avait plus le visage d’un maître ; son visage ressemblait plus à celui d’un esclave. Un autre maître l’a vu et l’a emmené avec lui. Il ne l’a plus jamais revu. C’est peut-être pour cela que l’on est en bas avant d’aller en haut : pour que les maîtres changent. Il avait bien vu dans son cœur qu’il y avait deux pentes : celle des maîtres et celle des esclaves. Lui, il préfère être esclave. Pour aller là-haut. C’est tellement plus beau. Alors il s’est donné comme mission d’aider les maîtres à devenir esclaves, comme cela ils pourront aller là-haut, parce que l’on ne peut aller là-haut que si on est esclave. Il trouve que c’est une belle mission. La vie ici-bas a bien du sens.

Un jour, il a vu quelqu’un qui n’était ni maître ni esclave. Cela l’a étonné. Il ne savait pas que cela existait. Mais il avait le même regard que celui des esclaves, en encore plus beau, presque aussi beau que celui des personnes qu’il voit la nuit. C’était vraiment étrange. Et il s’est toujours demandé comment il avait fait pour venir le voir sans que les maîtres ne le sachent. Parce que les maîtres n’auraient certainement pas voulu qu’il vienne le voir. Il a donc réussi à s’approcher de lui, un jour. Il l’a pris dans ses bras. Il n’avait jamais connu cela. C’était beau. Le monsieur a fait des gestes ; il a fini par comprendre qu’il lui demandait s’il croyait à la vie là-haut et s’il voyait le monsieur en blanc la nuit. Il lui a fait comprendre que oui, bien sûr que oui vu qu’il est esclave. Alors le monsieur a mis de l’eau sur sa tête en prononçant une parole. Puis, il lui a donné quelque chose à manger et quelque chose à boire. Il n’avait jamais ni mangé ni bu une telle chose ; mais il avait senti quelque chose de très fort en lui, c’était comme si le monsieur de la nuit était venu le voir en plein jour. Il avait alors en lui la belle lumière de la nuit, bien plus belle que la pâle lumière qu’il voit autour de lui le jour. Puis, le monsieur était reparti. Il ne l’avait pas revu. Il aimerait bien le revoir et qu’il lui donne encore à manger et à boire de son étrange nourriture.

Un autre jour, il a croisé un autre esclave avec un corps différent du sien. Il avait bien remarqué que certains esclaves avaient un corps différent du sien. Il ne savait pas pourquoi. Cet autre esclave avait donc un corps différent du sien. Il a eu envie de lui sourire ; il l’a fait. L’autre esclave a baissé le regard. Il s’est demandé ce que cela voulait dire. Quand il ira là-haut, il aimerait bien revoir cet autre esclave. Ils iront demander au monsieur en blanc pourquoi ils ont des corps différents.

En chemin vers la Terre

La troisième colonie s’est donc mise en route vers la Terre. Ce n’est pas le chemin à travers l’espace qui pose difficultés : il se fait grâce à l’Esprit-Saint. Mais c’est celui qui se fait dans les cœurs pour se préparer à arriver là-bas. Malgré la distance, la communication ne cesse pas entre la Terre et les différentes colonies : elle se fait par l’Esprit-Saint au travers des étoiles. On émet d’un côté et c’est reçu de l’autre, mystérieusement.

Les nouvelles de la Terre arrivent donc jusqu’à la colonie. On apprend que la planète de la mort a fini par être repérée, elle a jailli dans le vide inter-stellaire ; elle devait se cacher suffisamment loin de la Terre pour ne pas être vue, mais suffisamment proche pour pouvoir s’y rendre furtivement en un temps acceptable par des moyens humains. Elle fait route vers la Terre, à une vitesse qui montre bien qu’elle n’est pas assistée par l’Esprit-Saint. Les réactions vont bon train : Que faut-il faire ? La détruire avant qu’elle n’arrive ? La laisser venir ? Se préparer à la guerre ? Laisser faire ?

L’Ordre de la Croix a invité avant tout à prier et à aller chercher en Dieu les lumières et la force pour vivre cet instant dans la Volonté Divine. Le roi Antoine et la reine Marthe ont demandé à ce que l’on ne fasse rien pour les empêcher de venir, que l’on ne se prépare pas à la guerre ; ils ont dit qu’il fallait s’en remettre en cette situation à Dieu seul, qu’Il saurait préserver la civilisation et résoudre cette situation. Ils ont aussi précisé que s’ils disaient un jour une chose contraire, c’est que ce n’était plus eux qui parlaient, que l’on abusait les gens en se faisant passer pour eux, qu’il ne faudrait pas alors écouter.

Et ce qui devait arriver arriva. Antoine et Marthe furent remplacés. Et leurs clones se mirent à préparer la guerre, entraînant de nombreuses personnes à leur suite. Beaucoup refusèrent de les suivre ; c’est ce que les vrais Antoine et Marthe avaient stipulé ; ils l’avaient annoncé. Antoine et Marthe avaient aussi dit que si cela arrivait, ils désignaient Martin et Jeanne pour leur succéder.

Ces derniers sur leur planète durent beaucoup œuvrer pour que les gens suivent l’invitation de l’Esprit à choisir la voie de la Croix. Ils sentirent de nombreuses fois que l’on tentait de les remplacer aussi, mais l’Esprit de Dieu, directement ou au travers des saints et des anges, les préserva toujours.

Quand il fut établi qu’ils étaient désormais les représentants de l’Ordre de la Croix, les nouveaux roi et reine du monde, ils prononcèrent ce discours adressé à tous les habitants de la Terre et des colonies :

« Chers frères et sœurs en Christ, chers citoyens de la Civilisation de l’Amour,

Nous voici aujourd’hui confrontés à une étape cruciale de notre histoire. Alors que la paix s’était installée durablement en ce monde, une menace de guerre se fait à nouveau sentir et pèse gravement sur l’avenir.

Conscients de cette menace, je vous invite à vous replacer dans la grande histoire, dans la grande histoire du monde et de notre civilisation, à vous souvenir de l’origine et du terme du toute chose. Ces choses ont été annoncées, prophétisées.

Nous vivons constamment dans un monde de miracles ; nous vivons en présence des anges et des saints ; l’Esprit de Dieu agit en ce monde pour porter dans l’existence nos animaux fantastiques et déplacer nos colonies à travers l’univers. Ce monde est le monde de Dieu ; Il ne l’abandonnera pas ; Il ne nous abandonnera pas.

Et c’est donc par les chemins de Dieu, selon ses voies et non les nôtres, que nous devons agir en ces circonstances dramatiques. Saint Paul le dit : nous ne combattons pas contre des êtres de chair et de sang, mais contre des principautés et des puissances d’en haut. Nous ne devons pas craindre ceux qui tuent le corps, mais ceux qui tuent l’âme. Or, en cette circonstance, si nous répondons à la violence par la violence, nous risquons bel et bien de perdre notre âme, de perdre ce qui fait la grandeur de notre civilisation.

L’aventure de ce millénaire est celle de briser les puissances des ténèbres en les amenant à la Croix du Christ, en allant fonder là et nulle part ailleurs le monde que Dieu a voulu. C’est ainsi que les démons seront rejetés et liés en enfer.

Je vous le dis : N’ayez pas peur ! Cette guerre n’aura pas lieu. Dieu ne le permettra pas. Il veut au contraire briser définitivement le pouvoir des forces armées ; il veut mettre fin définitivement à l’usage de la force pour régler les histoires entre les hommes.

La fête de la Rotation approche, elle marquera la chute du troisième Chérubin renégat, le dernier à encore travailler à pervertir ce monde. Quand il ne sera plus, nous pourrons achever l’œuvre de rédemption.

Les armes que nous devons employer sont celles que le Seigneur a déposé pour nous en vivant sa Passion et sa Croix : la Miséricorde et l’offrande de nous-mêmes. Je vous le dis : « Qui combattra par l’épée, périra par l’épée. »

Je vous le dis encore : cette guerre n’aura pas lieu. N’écoutez pas les prophètes de malheur ; écoutez plutôt ce que le Seigneur a dit sur ce jour par les prophètes du passé.

Courage ! Nous en sommes à l’ultime grande Pâques de l’histoire avant la fin du millénaire ; la dernière bataille que nous devons livrer en choisissant la paix contre la guerre, le pardon contre l’offense, la miséricorde contre la haine, l’accueil contre l’indifférence.

Ne préparons pas la guerre. Préparons la paix ! La paix non pas d’un moment, mais la paix pour toujours, la paix éternelle, celle que Dieu seul peut donner, celle que Dieu veut donner. Et il n’y a qu’un chemin pour cela : celui de la Croix.

Que Dieu vous bénisse et vous garde.

Que nous soyons toujours unis à notre Seigneur Jésus-Christ.

Longue vie à notre civilisation !

Longue vie au mystère de la Sainte Famille ! »

L’ultime Pâques

La troisième colonie est maintenant arrivée en orbite autour de la Terre. Elle est arrivée avant la planète de la mort. Sur la Terre, une armée s’est constituée en Asie mineure autour des faux représentants de l’Ordre de la Croix. Il ne s’est trouvé que quelques pays à les suivre, mais suffisamment pour qu’ils aient le loisir de se forger des armes et se préparer à combattre.

L’essentiel des habitants de la Terre restent fidèles à Martin et Jeanne. Ces derniers exhortent le monde à prier et à se préparer en bannissant toute crainte, en faisant confiance en l’action de Dieu. Ils se sont installés à Jérusalem, et c’est au Temple qu’ils passent l’essentiel de leurs journées.

C’est là qu’ils sont aujourd’hui, en train de prier, en ce jour où la planète de la mort arrive en orbite autour de la Terre. De cette planète, une armée descend sur la Terre, en atterrissant en Afrique du Nord. Puis, elle se met à cheminer vers Jérusalem. Dans le même temps, l’armée d’Asie mineure fait route également vers Jérusalem.

Ces deux armées suivent leur chemin, mais elles semblent empêchées de faire autre chose, de s’en écarter à droite ou à gauche. Des rangées d’animaux fantastiques, de saints ou d’habitants de la Terre les regardent passer. Il arrive que des personnes des armées quittent les rangs pour rejoindre la foule, en s’effondrant en général en pleurs. Il arrive que des personnes de la foule rejoignent les armées. Mais, il semble impossible que des heurts puissent survenir entre la foule et les armées. Une force invisible est à l’œuvre.

Les deux armées arrivent maintenant à Jérusalem, elles se dirigent vers le Temple. Elles arrivent en même temps : une par l’Est, l’autre par l’Ouest. Elles ne se rejoignent pas, elles arrivent chacune de leur côté. Quand elles atteignent le Temple, les deux états-majors rentrent dans le Temple et y trouvent Martin et Jeanne en prière, accompagnés d’autres membres de l’Ordre. Ils les attendent dans la paix. Les deux états-majors ne semblent pas du tout enclin à se faire la guerre, mais semblent plutôt unis contre ceux qui sont là à prier.

« Vous avez perdu la bataille, lancent les militaires à ces derniers. Nous sommes désormais les maîtres du monde.

– Vous vous égarez en méconnaissant la puissance de notre Dieu, rétorque Martin.

– Vous ne pouvez rien contre l’Éternel, ajoute Jeanne. Son Amour veille sur nous. Accueillez plutôt sa Miséricorde et revenez à lui de tout votre cœur. Il vous pardonnera, vous redeviendrez ses enfants chéris. »

Les militaires ne veulent pas en entendre davantage. Et pour montrer que c’est eux qui ont raison, ils se mettent à user de leurs armes sur Martin et Jeanne. Ils se mettent à tirer, tirer et tirer encore. Mais Martin et Jeanne semblent insensibles à de telles attaques. La rage semble monter dans le cœurs des serviteurs de ténèbres. De toute part, les personnes en armes se mettent à tirer, à droite, à gauche, sur la foule… Mais c’est un pur échec. Les armes sont totalement inefficaces. Retenti alors dans les airs un immense cri de rage qui semble s’effondrer et tomber dans l’abîme. C’est le Démon qui se trouve rejeté et lié en enfer. Ses serviteurs n’ont plus qu’à déposer les armes et à se rendre. Certains se convertiront, d’autres non.

Il n’y a plus qu’à célébrer dans la joie la victoire. Mais avant, on se rend sur la planète de la mort pour aller chercher tous ceux qui s’y trouvent. Les esclaves sont étonnés de voir des personnes d’en haut venir les chercher. Ils trouveront leur place désormais dans la civilisation. Certains rentreront dans l’Ordre de la Croix. C’est le cas de Lumière d’étoile et de sa bien-aimée Fleur du matin qui deviendront par la suite et pour un temps les premiers adjoints de Martin et Jeanne, les représentants du Chérubin de l’Unité. Mais ceci est une autre histoire.

Quant à la planète de la mort, elle sera transformée et aménagée pour devenir la vingt-cinquième colonie qui partira à travers le Cosmos sous la protection de saint Maximilien Kolbe et de son épouse éternelle. Ce sera leur planète pour toujours ; ce qu’elle a été restera dans les mémoires comme l’ultime réalisation de ce dont est capable l’humanité lorsqu’elle s’éloigne de Dieu, et elle sera pour l’éternité un témoignage vivant de la Divine Miséricorde.

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