L’Arc-en-Ciel

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« C’est ici le signe de l’alliance que j’établis entre moi et vous, et tous les êtres vivants qui sont avec vous, pour les générations à toujours : j’ai placé mon arc dans la nuée, et il servira de signe d’alliance entre moi et la terre. » (Gn 9, 12-13). Tout le monde connaît l’histoire de Noé et du déluge qui se termine par ce sublime arc-en-ciel comme signe de l’Alliance entre Dieu et les hommes pour la suite des temps. Moins connu peut-être est la présence de l’arc-en-ciel dans le livre de l’Apocalypse.

On le voit déjà autour du trône de Dieu : « Et voici, il y avait un trône dans le ciel, et sur ce trône quelqu’un était assis. Celui qui était assis avait l’aspect d’une pierre de jaspe et de sardoine ; et le trône était environné d’un arc-en-ciel semblable à de l’émeraude. Autour du trône je vis vingt-quatre trônes, et sur ces trônes vingt-quatre vieillards assis, revêtus de vêtements blancs, et sur leurs têtes des couronnes d’or. » (Ap 4, 2-4). Il s’agit là d’une description de la vie des chœurs angélique autour du trône de Dieu. Lire la suite « L’Arc-en-Ciel »

La vie en abondance

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Une peinture de Vernet

« Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture. » Jn 7, 38.

Le Seigneur Jésus nous appelle à lui, car il veut nous donner la vie en abondance. Et il veut se servir de nous pour la répandre dans le monde.

Mais qu’est-ce que la vie ? Qu’est-ce donc que cette chose si précieuse que l’on cherche à garder, tout en étant capable de la gaspiller grandement ?

La vie est ce puissant dynamisme qui fait que l’être se déploie dans ses diverses potentialités. C’est une disposition profonde de toute chose pour sa propre réalisation. La vie est encore plus fondamentale que le vouloir ou la vertu. Le vouloir accompagne la vie en l’orientant dans le choix du bien. La vertu est le dynamisme de nos diverses facultés, là où la vie est le dynamisme de l’être. Nous prenons ici la notion de dynamisme dans le sens d’une disposition stable pour se réaliser dans sa finalité. Lire la suite « La vie en abondance »

Sacramentalité et réalité

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Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit Dieu. La divinité s’est associée à l’humanité en Jésus-Christ pour nous manifester son amour, nous réconcilier avec elle et nous entraîner dans les mouvements éternels des échanges du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint où tout n’est que vie, don, joie, félicité, union et fécondité.

Dieu, qui est présent à toute chose de tous les instants, est venu par son humanité à un moment donné de l’histoire pour faire de nous des fils adoptifs. Il a vécu, il est mort et il est ressuscité. Puis il est reparti, mais sans nous laisser seuls. Non seulement il nous a donné son Esprit-Saint, mais il nous a donné l’Église pour que nous trouvions en elle les moyens d’être rendus participants du grand mystère de son Incarnation, de sa Rédemption et de l’Assomption de la nature humaine en Dieu. Il nous l’a donnée pour que notre vie ne soit plus livrée à nous-même et à nos propres forces, mais pour que nous entrions dans la vie même de Dieu, dans les propres mouvements de sa vie intime.

La vie de l’Église, c’est le Christ qui s’approche de nous, qui nous transforme et nous confère l’adoption filiale. La vie de l’Église, c’est le Christ qui vit en nous pour nous entraîner dans l’Amour trinitaire.

Le Christ au cours de sa vie terrestre a été mis dans son humanité en présence de toutes les choses de tous les instants du commencement du monde jusqu’à son achèvement dans la gloire. Il a vu tout ce que nous vivons. Il s’est réjoui avec nous, il a souffert avec nous, il a souffert à cause de nous, il a été consolé par nous. Lire la suite « Sacramentalité et réalité »

Mais où va l’Église ?

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Vitrail des noces de Cana

Des débats rejaillissent fréquemment dans l’Église et mettent certains en émoi. C’est le cas notamment, à l’occasion de ce synode sur l’Amazonie, au sujet de l’accès éventuel des femmes à l’ordre diaconal et sacerdotal. D’autres confessions chrétiennes ont déjà franchi ce pas. Mais, selon la tradition catholique, le Christ a institué le sacrement de l’ordre pour les hommes ; et comme l’a dit Jean-Paul II en son temps, l’Église ne peut pas revenir là-dessus.

Cependant le monde d’aujourd’hui, épris d’égalité entre les hommes et les femmes, interroge l’Église sur la place réciproque des hommes et des femmes en son sein. Cette attention est juste, même si cela se fait parfois dans des excès et de la confusion. Le monde a cheminé sur cette question, et l’on est en droit de revisiter ce qui peut l’être. D’autant que l’Église a pu faire preuve d’un certain excès dans la place accordée aux hommes par rapport à celle des femmes, ce qui n’a pas été sans conséquences sur certaine déviation de la spiritualité. L’on peut noter à juste titre que l’Église a pu manquer de compassion et de miséricorde au cours des derniers siècles quant à ceux dont la vie était tordue ou en dehors des normes, ce qui nous apparaît comme la marque d’une trop grande absence de repères féminins.

Alors, qu’est-ce que l’Esprit dit aux Églises à ce sujet ? Quelle est la volonté du Seigneur sur la place des hommes et des femmes dans les ministères ecclésiastiques ?

Dans le livre de l’Apocalypse, il est écrit : « Un signe grandiose apparut dans le ciel : une Femme ! » (Ap 12, 1). Ce passage désigne la Vierge Marie. Il désigne aussi l’Église. Mais il peut aussi désigner dans le foisonnement de sens qu’un tel passage recèle l’irruption de quelque chose de proprement féminin dans le mystère ecclésial. Quelque chose de nouveau dans le chemin de l’Église. Lire la suite « Mais où va l’Église ? »

Lc 10, 38-42 : Marthe, Marie et la Volonté de Dieu

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (10, 38-42)

En ce temps-là, Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut. Elle avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

Commentaire

Le Seigneur Jésus nous présente ici une meilleure part. Quelque chose de désirable. Quelque chose qu’il faut souhaiter avoir pour soi. De quoi s’agit-il donc ? Une lecture rapide et très courante consisterait à dire que la meilleure part, celle de Marie, est la vie contemplative, et que l’autre part, celle de Marthe, est la vie active. Il faudrait alors donner une préférence à la vie contemplative. Une telle lecture, qui sous certains aspects n’est pas vraiment fausse, pourrait laisser penser qu’il faille délaisser la vie active ou la sous-estimer. Et l’on se rattrape en disant que toute vie a finalement les deux aspects : actif et contemplatif. Or, il ne s’agit pas de cela en fait.

Marie, assise aux pieds du Seigneur, « écoutait sa parole ». Ce que le Seigneur loue en Marie, c’est qu’elle écoute, qu’elle L’écoute. Or, de l’écoute naît l’obéissance. L’étymologie de ce mot étant justement d’écouter, de prêter l’oreille. La meilleur part que le Seigneur désigne en Marie, c’est qu’elle fait sa Volonté. La meilleur part qu’il nous faut désirer, c’est de faire la Volonté du Seigneur, en toute chose et partout. Lire la suite « Lc 10, 38-42 : Marthe, Marie et la Volonté de Dieu »

La kénose de Dieu

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Épître aux Philippiens 2, 5-11 :

« Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père. »

En Jésus-Christ, Dieu s’est abaissé, sans pour autant cesser d’être Dieu. Il a pris la nature humaine. Il s’est fait petit enfant, Il a vécu sur la Terre, Il a souffert la Passion. Et Il est ressuscité et monté au Ciel en emmenant l’humanité avec Lui à sa suite. C’est un grand mystère. C’est le mystère de l’Assomption de l’humanité par le dessin bienveillant de Dieu. C’est le mystère de la Rédemption où Dieu prend sur lui nos souffrances et nos péchés pour y déposer son amour.

Dieu a souffert en son humanité. La Trinité impassible, éternelle et immuable a souffert en Jésus-Christ, dans son humanité. Dieu a voulu partager nos souffrances pour nous rejoindre et nous sauver ; et Il s’est fait homme. Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous.

Devant un tel mystère d’amour, mais également devant les égarements de l’humanité, se pose la question de savoir comment Dieu est-il changé par son Incarnation ? Et est-ce que la souffrance vient émouvoir Dieu jusque dans sa divinité ? L’on dit que l’union de la nature humaine et de la nature divine en Jésus-Christ se fonde sur son humanité, qu’elle est réelle du côté de son humanité, mais qu’elle est seulement de raison du côté de sa divinité. Il n’y a pas de réciproque du côté de Dieu. De fait, Dieu n’est pas changé par l’Incarnation, Dieu est resté le même. La relation ne peut être fondée réellement de son côté. Mais si cette relation de la divinité à l’humanité est seulement de raison, Dieu est-il vraiment présent à toutes les réalités humaines et à toutes nos souffrances ?

Il y a là une précision à apporter. Lire la suite « La kénose de Dieu »

L’anneau du pêcheur

Blason pape

Demain, 6 octobre, c’est la fête de saint Bruno (~1030 – 1101), qui a fondé l’ordre des chartreux dans le massif du même nom près de Grenoble. Cet ordre est celui qui, silencieusement, caché de tous, a très certainement porté le plus de fruits pour l’Église, au moins du côté latin, au cours du deuxième millénaire. Cet ordre a la vocation, à la suite de saint Jean-Baptiste, à se tenir au désert près de la Croix du Christ, tel l’épouse près de l’époux, pour permettre à la vie de Dieu de pénétrer ce monde, de l’irriguer, pour faire que la puissance de la Résurrection l’envahisse, pour faire que l’amour soit vibrant au cœur de l’humanité, et pour que le mystère de la communion et de l’unité, venant de l’Alliance avec Dieu, irrigue toutes les dimensions de ce monde.

De communion et d’unité, l’Église et le monde en ont bien besoin, aujourd’hui comme hier. Lire la suite « L’anneau du pêcheur »

Le grand oublié

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Demain s’ouvre, pour l’Église catholique, à la demande du pape François, le mois missionnaire extraordinaire. C’est l’occasion pour nous de sortir de nos sentiers habituels pour tenter l’aventure de témoigner du Christ Ressuscité, de témoigner de celui qui est pour nous la Résurrection et la Vie. C’est l’occasion pour que nos actions entrent dans cette prière que tous soit un dans l’amour.

Pour nous mettre en mission, l’aide des saints nous est précieuse. Ils sont non seulement des amis sur ce chemin, des conseillers, et des exemples, mais ils nous manifestent aussi quelque chose de ce qu’est Dieu, quelque chose de son amour et de sa vie. Ils sont des icônes vivantes du Christ Ressuscité, car celui-ci vit en eux. Grâce à eux, en nous unissant à eux, il est plus aisé de faire entrer les personnes que nous rencontrons dans la vie avec Dieu. Grâce à eux, il est plus aisé d’être brûlant nous-même du Christ vivant en nous.

Pour nous mettre en mission, il nous arrive très fréquemment et à juste titre d’invoquer la petite Thérèse qui est la patronne des missions, et que nous fêtons ce 1er octobre. Mais il est quelqu’un dont l’on parle trop peu, que l’on a tendance à oublier même si on le connaît bien. Quelqu’un dont cette sainte disait dans Histoire d’une âme que sa dévotion pour lui se confondait depuis son enfance avec son amour pour la Vierge Marie. Se confondait ! C’est à dire que c’était le même amour, la même dévotion. Quelqu’un qui est le patron de l’Église universelle, le père de la Nouvelle Évangélisation, l’artisan de la Civilisation de l’Amour, et le protecteur du troisième millénaire (cf. Jean-Paul II, Redemptoris Custos).

Il s’agit bien sûr du glorieux saint Joseph. Lire la suite « Le grand oublié »

Prière pour les Enfants de la Lune

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(Note : Nous appelons Enfants de la Lune tous ceux qui, enfants ou adultes, gisent dans les ténèbres de ce monde en proie à la cruauté des pécheurs aux cœurs endurcis ; tous ceux qui cherchent la lumière dans la nuit ; tous ceux qui cherchent un secours qui ne semblent pas venir.)

 

Ô Trinité d’Amour et de Tendresse,
Vous qui voulez le bonheur de Vos enfants,
Nous Vous présentons les Enfants de la Lune.
Que le cri de leur détresse parvienne en ce jour jusqu’à Vous.
Nous savons que Vous n’êtes pas indifférent à leur misère.
Daignez écouter la clameur de Votre peuple qui souffre,
Daignez Vous pencher sur cette multitude de Vos enfants innocents en proie aux ténèbres.
Et daignez leur apporter Votre réconfort et Votre consolation.

Esprit-Saint, daignez descendre sur eux pour apaiser leur souffrance.
Daignez leur donner une joie et une paix que rien ni personne ne peut enlever.
Et daignez ouvrir des chemins pour qu’un salut concret leur soit apporter et qu’il puisse prendre place dans une civilisation d’amour et de vie.
Que l’aurore de la Résurrection se lève enfin pour eux.

Ô Trinité, faites que leur sacrifice ne soit pas vain.
Ils sont des agneaux immolés à l’image du Fils.
Faites qu’à travers eux Votre visage de Miséricorde et d’Amour vienne toucher les cœurs les plus endurcis pour les amener à accueillir Votre pardon et Votre vie.

Seigneur Jésus, à Gethsémani, tu as souffert pour eux en regardant la Lune.
Seigneur Jésus, tu as dit pour les pécheurs : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ! ».
Oui, tous ces nombreux bourreaux ne connaissent pas à quel point le Père est Bon et veut leur bonheur.
Daigne le leur révéler pour que l’Amour puisse triompher de toute chose.
Père, tu es aussi leur Père, ils sont aussi tes enfants. Daigne leur donner ta Miséricorde et changer leurs cœurs de pierre en cœurs de chair.

Nous t’offrons, Seigneur, nos vies pour nous unir aux Enfants de la Lune et à leurs cris, pour être un des leurs au moins par le cœur, et vivre avec eux de ta Miséricorde reçue et donnée. Mets dans nos cœurs un ardent désir de servir nos frères pour que l’amour grandisse en ce monde. Et nous te demandons pardon, car nous sommes nous aussi, trop souvent, solidaires du mal. Viens changer nos cœurs. Et apprends-nous à notre tour à pardonner aux pécheurs.

Sainte Famille de Nazareth, daignez accueillir chez vous vos enfants, les guérir, les soigner et les consoler de leur peine.

Saint anges de Dieu, et vous toute la cours céleste, volez au secours de ce peuple qui souffre.

Amen.

Demi-Lune

demi lune

Nous voilà à la demi-Lune !
Oh ! Ses faces, elle n’en a pas qu’une.
L’une est si belle et si radieuse.
L’autre est si sombre et si menteuse.

Nous voilà à la demi-Lune !
Nous aimerions qu’il n’y en ait qu’une.
Un jour viendra, Dieu le fera.
Tant d’amertumes avant cela.

Lumière et vie elle nous renvoie.
Elle nous éclaire quand on n’y voit.
Pleine d’amour, on est heureux,
Quand à son jour, on prie à deux.

Mais, là bas, ils y sont aussi,
Des âmes qui pleurent et sont roussies,
Des âmes noires si peu illustres,
Et depuis bien quatre fois vingt lustres.

Aux forces sombres des démons,
Pour s’envoler jusqu’à ces monts,
Ils ont puisé leur énergie,
Pour s’enfermer dans leurs orgies.

Nous voilà à la demi-Lune !
Et je le dis bien sans rancune.
Au sacrifice des innocents
La voilà remplie de leur sang.

Il crie vers Dieu, ça c’est bien sûr.
Il répondra, je vous assure.
Pour sauver l’homme de si grandes fautes,
Et bien le pauvre des vilains hôtes.

Nous voilà à la demi-Lune !
Nous allons vers la pleine Lune !
C’est la Lumière qui gagnera !
C’est l’Amour qui l’emportera !

Nous voilà à la demi-Lune !
Oh ! Ses faces, elle n’en a pas qu’une.
Elle montrera bientôt la sombre.
Mais nuit pour nous point n’est pénombre !