Les vertus cardinales sont la prudence, la justice, la tempérance et la force. D’elles découlent toute la vie morale de l’homme. Cette vie morale se veut comme un équilibre entre des extrêmes. En chaque chose, il nous faut composer entre divers comportements possibles pour être sur la crête d’une montagne et avancer vers le sommet. Se dessinent alors deux visages possibles de chacune des vertus, deux versants où l’on peut cheminer. La prudence est prudence ou entreprise. La justice est justice ou bienveillance. La tempérance est tempérance ou jouissance. La force est force ou tendresse.
Et l’on s’aperçoit que l’on gagne à considérer les vertus morales comme mariées, dans une dualité. Usant à chaque instant davantage de l’un ou de l’autre versant, nous avançons dans la durée d’une manière équilibrée. Lire la suite « Marier les vertus morales »→
Charles Péguy disait de certains qu’ils ont les mains pures parce qu’ils n’ont pas de mains. Jacques Maritain disait d’autres personnes qu’ils passent leur vie à se vérifier sans jamais entrer dans la vie. De fait, agir dans le monde où nous sommes plongés malgré nous demande des choix qui peuvent être crucifiants. Nous nous retrouvons parfois devant des cas de conscience qui nous déconcertent. Peut-on mentir pour sauver une vie ou une situation ? Peut-on continuer à travailler pour des entreprises qui polluent à outrance ? Nous pourrions nous réfugier dans un angélisme lointain, dans une tour d’ivoire où l’on condamne un monde sur lequel nous ne voulons pas user un tant soit peu de nos mains pour le transformer. Jésus a dit au sujet de ceux qui entrent dans cette attitude : « Ils lient des fardeaux pesants, et les mettent sur les épaules des hommes, mais ils ne veulent pas les remuer du doigt. » (Mt 23, 4). Lire la suite « Les mains sales »→
Connaître, cela veut dire naître avec, entrer dans une vie commune avec un autre. Dans le contexte biblique, cela était aussi utilisé pour l’union physique des époux. Il s’agit de s’unir dans la vie. Par la connaissance spirituelle, on touche l’être, on goûte la vie et on sent le don qui se déploie. La connaissance permet ainsi une certaine sensation, une certaine appréhension de la chose connue. Cela procure de la plénitude, de la paix et de la joie, s’il s’agit d’un bien. Et au contraire, s’il s’agit d’un mal, j’y trouve déréliction, angoisse et tristesse. Il s’agit là de sensations spirituelles, conscientes ou inconscientes, qui sont normalement faite pour aller de pair avec les sensations matérielles dans un même mouvement, mais qui, dans la condition présente de l’homme blessé, peuvent parfois être dans une certaine mesure opposées.
Cette faculté de connaissance a malheureusement trop souvent été un peu oubliée au profit de la faculté d’intelligence qui permet de saisir les essences, c’est-à-dire ce que sont les choses. Par l’intelligence, j’entends les essences en tant qu’elles orientent l’existence ; et je les vois en tant qu’elles caractérisent l’être. Lire la suite « Connaissance et intelligence »→
Faire de l’ordre, c’est créer de la singularité. C’est sortir d’un chaos où tout est pareil et uniformisé pour donner à chaque chose une place particulière. C’est créer de la diversité, car les choses ont alors des aspects qui leur sont propres. Une culture est un ordre donné, une ville avec sa forme est un ordre donné, une langue est un ordre donné, un métier est un ordre donné. Et nous avons besoin de la diversité des métiers, des villes, des langues et des cultures. Il en est de même pour les multiples facettes de nos spiritualités. Par exemple, l’ordre des Franciscains, l’ordre des Carmes, l’ordre des Dominicains, l’ordre des Bénédictins, l’ordre de Chartreux, et tous les autres, sont autant de manières particulières de vivre la spiritualité qui se complètent et s’interpellent ; et qui nous interpellent même si nous ne sommes pas nous-même dans un ordre religieux.
L’uniformité vient quand on laisse le chaos s’installer. Mais aussi quand l’on cherche à propager un ordre singulier au-delà des limites qui lui sont assignées. Lire la suite « Ordre et diversité »→
Le Christ Jésus est parti dans son Ascension. Il a traversé les Cieux pour rejoindre le Père. Mais, il ne faudrait pas croire pour autant qu’il ait quitté la matière : il reste pleinement humain dans un corps glorifié. Il ne faudrait pas croire non plus qu’il ait quitté la Terre : de fait, nous le recevons à la messe dans toute son Humanité et sa Divinité. Il se laisse rencontrer dans l’Hostie qui est son corps de chair. Il nous l’a dit : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28, 20). (cf notre article, Mais où est le Ciel ?)
En fait, s’il a traversé les Cieux et toutes les puissances célestes, c’est pour que son Humanité prenne la stature du Cosmos tout entier : il est capable avec son corps glorieux d’être présent dans une sorte de multilocation à chaque être humain, et d’imprégner toute chose de sa spiritualité.
« La civilisation de l’amour l’emportera sur la fièvre des luttes sociales implacables et donnera au monde la transfiguration tant attendue de l’humanité finalement chrétienne. » Homélie de Paul VI, le 24 décembre 1975.
Le monde est en attente. Il cherche quelque chose. Il cherche une unité qu’il n’a pas. Une unité entre les personnes. Une unité entre les communautés. Une unité entre les pays. Une unité au sein même de chaque personne. Une unité de la pensée. Une unité de la parole. Une unité de l’agir. Une unité du ressenti. Quelque chose qui nous permette de retrouver l’harmonie perdue, de retrouver la joie de vivre simplement la diversité des facettes de ce que l’on est.
Le monde manque de joie et d’espérance. Le monde manque d’amour.
On pourrait continuer longtemps comme cela à dresser la liste de ce qui nous manque. C’est étonnant en fait. Le Christ est venu il y a deux mille ans apporter la vie de Dieu ; et aujourd’hui encore, il n’y a pas d’unité, il n’y a pas de paix. Mais, en fait, si l’on écoute les paroles du Christ, et le Nouveau Testament en général, on découvre que cela avait été annoncé : « Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres : gardez-vous d’être troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume, et il y aura, en divers lieux, des famines et des tremblements de terre. Tout cela ne sera que le commencement des douleurs. » (Mt 24, 6-8). Lire la suite « Vers la Civilisation de l’Amour »→
Jésus est Dieu. Jésus est un homme qui est Dieu. C’est un profond mystère que nous n’aurons jamais fini de contempler. C’est la Personne divine de Dieu le Fils. C’est cette Personne qui, assumant la nature humaine, a eu et a encore une vie humaine. La substance de Jésus, c’est la Substance de Dieu ; puisque Dieu n’a qu’une seule Substance ; et puisque la substance d’un être est caractérisée par son acte d’être le plus grand, à savoir pour Jésus, celui de sa divinité, tout en incluant les autres actes d’être, à savoir pour Jésus ceux de son humanité, c’est-à-dire celui de son âme et celui de sa matière (cf l’article La composition des essences).
Cette Personne de Jésus a une conscience. Une conscience au Je. Dieu a une conscience au Nous, car il est un Dieu en trois Personnes. Mais chaque Personne divine à une conscience au Je. Une conscience au je est ce que nous autres créatures spirituelles avons aussi. Lire la suite « La conscience de Jésus »→
Si l’on parle aujourd’hui de métaphysique, nous avons souvent l’impression d’avoir affaire à quelque chose de triste et de très abstrait. Ce sont des mots et des concepts qui ne sont pas accessibles à tout le monde et qui pourtant sont censés régir notre manière de penser et de nous situer dans le monde. Nous avons tous l’image de ce métaphysicien assez terne qui joue avec les idées, mais qui paraît bien morose. Et de fait, en étudiant la métaphysique, nous avons parfois l’impression de nous éloigner de la vie. Ce n’est pas toujours le cas, mais nous pressentons au moins que nous en courons le risque.
Pourquoi ? Pourquoi, en nous rapprochant des principes de l’existence, nous semble-t-il partir loin de l’existence ? Pourquoi éprouvons-nous parfois des difficultés à faire un lien entre ces principes et une vie épanouie et heureuse ?
C’est qu’il y a une méprise, une erreur de la pensée, qui nous porte vers un intellectualisme lancinant. C’est que la vie a été remplacée par des concepts. C’est que la plénitude d’être du monde spirituel qui se déploie dans une existence riche et féconde a été remplacée par des abstractions de notre raison souvent de type mathématiques. Lire la suite « Pour une métaphysique de la vie »→
Devant l’Éternel, il n’y a rien de pareil
Que d’aimer sans mesure et donner sans usure.
Regarder les Beaux Yeux de ce Dieu amoureux
Les trouver si jolis et en être tout épris.
Et chanter sans fin le Cantique en refrain
Et danser sans frein la grande valse des saints.
Et trouver si beau le cantique de l’Agneau.
Et lever ses mains pour le louer sans fin.
Vivre d’amour dans ce monde sans détour
Où l’on est si heureux en Présence de Dieu.
Et vouloir L’adorer et Le remercier
Car c’est Lui qui nous a créés.
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