Signes et symboles

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Une partie de la tenture de l’Apocalypse à Angers

Un signe permet d’atteindre un signifié à partir d’un signifiant. Pour qu’un lien puisse se faire entre les deux, il doit exister entre eux une certaine ressemblance du type de l’analogie. Pour plus de détails sur le procédé d’analogie, on peut se rapporter à notre article Des diverses analogies. Le lien entre les deux réalités peut être intrinsèque ou extrinsèque au signifiant ; s’il est intrinsèque, alors c’est que ce lien existera toujours. S’il est extrinsèque, le lien est alors lié à une culture donnée. Par exemple, une mère qui allaite son enfant est un signe intrinsèque de l’amour maternel. Et un mot pour désigner une réalité est un signe avec un lien extrinsèque : il est lié à une culture, c’est-à-dire à des choix posés par des êtres spirituels. On peut noter, dans ce cas des mots, qu’il y a une ressemblance en général comme genres entre le mot et le concept ou la relation intelligible ; cela permet d’entrer dans une signification par convention ; mais il n’y a pas toujours de ressemblance en particulier pour que ce soit tel mot pour tel concept ou telle relation.

Symbole et signe sont deux notions presque similaires. Mais nous dirons qu’un symbole est un signe dont le signifié est spirituel. La colombe est un symbole de la paix. Lire la suite « Signes et symboles »

Connaissance et intelligence

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Connaître, cela veut dire naître avec, entrer dans une vie commune avec un autre. Dans le contexte biblique, cela était aussi utilisé pour l’union physique des époux. Il s’agit de s’unir dans la vie. Par la connaissance spirituelle, on touche l’être, on goûte la vie et on sent le don qui se déploie. La connaissance permet ainsi une certaine sensation, une certaine appréhension de la chose connue. Cela procure de la plénitude, de la paix et de la joie, s’il s’agit d’un bien. Et au contraire, s’il s’agit d’un mal, j’y trouve déréliction, angoisse et tristesse. Il s’agit là de sensations spirituelles, conscientes ou inconscientes, qui sont normalement faite pour aller de pair avec les sensations matérielles dans un même mouvement, mais qui, dans la condition présente de l’homme blessé, peuvent parfois être dans une certaine mesure opposées.

Cette faculté de connaissance a malheureusement trop souvent été un peu oubliée au profit de la faculté d’intelligence qui permet de saisir les essences, c’est-à-dire ce que sont les choses. Par l’intelligence, j’entends les essences en tant qu’elles orientent l’existence ; et je les vois en tant qu’elles caractérisent l’être. Lire la suite « Connaissance et intelligence »

Pour une métaphysique de la vie

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Si l’on parle aujourd’hui de métaphysique, nous avons souvent l’impression d’avoir affaire à quelque chose de triste et de très abstrait. Ce sont des mots et des concepts qui ne sont pas accessibles à tout le monde et qui pourtant sont censés régir notre manière de penser et de nous situer dans le monde. Nous avons tous l’image de ce métaphysicien assez terne qui joue avec les idées, mais qui paraît bien morose. Et de fait, en étudiant la métaphysique, nous avons parfois l’impression de nous éloigner de la vie. Ce n’est pas toujours le cas, mais nous pressentons au moins que nous en courons le risque.

Pourquoi ? Pourquoi, en nous rapprochant des principes de l’existence, nous semble-t-il partir loin de l’existence ? Pourquoi éprouvons-nous parfois des difficultés à faire un lien entre ces principes et une vie épanouie et heureuse ?

C’est qu’il y a une méprise, une erreur de la pensée, qui nous porte vers un intellectualisme lancinant. C’est que la vie a été remplacée par des concepts. C’est que la plénitude d’être du monde spirituel qui se déploie dans une existence riche et féconde a été remplacée par des abstractions de notre raison souvent de type mathématiques. Lire la suite « Pour une métaphysique de la vie »

Mais qui sont les anges ?

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Dans l’Antiquité païenne, les esprits supérieurs étaient omniprésents dans notre conception du monde. Il y avait des génies, des esprits et de nombreux dieux. La cosmologie les plaçait dans le monde supra-lunaire au-dessus de nos têtes, et ils ne se gênaient guère pour agir dans les bas-fonds de notre monde sublunaire. Dans le monde supérieur, et par l’influence du platonisme, certains y plaçaient aussi les idées éternelles qui éclairent le monde. La foi d’Israël et le christianisme vont transformer quelque peu ces conceptions : le monde des esprits apparaît alors comme constitué d’anges qui servent de messagers pour le Dieu unique et transcendant. Lire la suite « Mais qui sont les anges ? »

De la participation

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Image illustrant l’allégorie de la caverne de Platon (République, Livre VII)

Platon prétendait que les êtres participaient des Idées éternelles. Un être est beau car il participe de l’idée du Beau. Cette Beauté est plus grande que lui, l’enveloppe de toute part. Dieu aurait créé le monde en contemplant l’idée du Monde. Et l’on voit apparaître le monde des Idées, un monde immense qui dépasse le monde sensible, un monde dans lequel nos esprits sont plongés et où ils contemplent les perfections éternelles. C’est là le monde réel, loin de l’illusion du monde sensible.

Aristote a beaucoup critiqué ce monde des Idées. Il trouvait que la participation platonicienne n’était pas expliquée, que c’était de la poésie. Pour lui, nos idées sont dans nos esprits, ce sont nos concepts que nous abstrayons en regardant le monde sensible. Il a repris le fait qu’elles dépassaient le monde matériel, mais il ne les a pas situées en dehors de nous-même. Lire la suite « De la participation »

Des diverses analogies

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L’analogie est un procédé au cœur de la philosophie, au cœur de la métaphysique. C’est elle qui permet d’entrer dans le mystère des choses de ce monde, d’en découvrir les beautés et les diversités. Perdre l’analogie, c’est tomber dans l’univocité où tout est pareil, ou dans l’équivocité où tout est différent et où il n’y a plus de liens entre les choses. C’est aussi perdre la compréhension du monde de Dieu à partir des choses de ce monde. Lire la suite « Des diverses analogies »