Cœur dispersé

tympan

L’homme depuis le péché est dispersé. Il a perdu son vrai centre, et il erre en de nombreuses voies sans être rassasié. Diverses polarités l’attirent. Il cherche en dehors de lui ce dont il est l’image, pensant y trouver un modèle de vie et un secret du bonheur. Bien sûr, il est à l’image de Dieu, mais comment comprendre ce qu’est cette image s’il n’a pas de vis-à-vis pour le lui révéler. Alors il cherche… Et, l’Ennemi s’y donne a cœur joie pour le diviser entre diverses directions et pour le rabaisser par ces errances à ce qu’il n’est pas.

L’homme peut être attiré par le monde animal, et plus largement par tout le monde visible naturel. Il va chercher un modèle dans les passions et les puissances de ces êtres inférieurs. Il va chercher une vie à la mesure du bonobo ou de la limace. À celle du lion ou du pigeon voyageur.

L’homme peut aussi être attiré par le monde des artefacts, par toutes ces machines, automates et robots que l’homme a créés. Il va alors faire de la technique le moyen ultime pour résoudre ses problèmes. Le bonheur advient avec la bonne formule et le bon protocole. Une vie réussie se réalise par une bonne gestion, un bon programme, une bonne mise en œuvre.

L’homme peut aussi être attiré par le monde des anges. Ce monde supérieur, sans la pesanteur de la matière, avec une vie intellectuelle bien plus riche que la nôtre, lui semble alors la clef du bonheur. L’homme va fuir la matière et rechercher la vie selon l’esprit qui seule donne la vraie joie. Dieu, de plus, semble être dans le prolongement de ce monde ; et vouloir imiter Dieu semble nous conduire dans cette direction.

L’animalité nous rappelle notre vitalité, ainsi que la beauté et la diversité de ce que nous sommes. Mais elle peut nous rabaisser en-dessous de nous-mêmes, en-dessous des exigences de l’amour, de la vérité et de la virtuosité. Les réalisations de l’homme nous rappellent notre ingéniosité, nous rappellent que nous sommes appelés à être co-créateurs, que ce monde est encore à achever. Mais elles peuvent nous faire oublier que notre monde n’est pas le tout du monde et qu’il y a encore un monde invisible au-dessus de nous. Le monde des anges nous permet de découvrir le monde spirituel et de nous approcher de la divinité ; il nous parle d’amour, de vérité et de vie. Mais il peut nous faire perdre pied avec notre nature et nous faire quitter le chemin de l’incarnation.

Entre les trois, c’est le monde angélique qui est le plus élevé et le plus unifiant. C’est à lui qu’il faut donner la primauté. Mais il est encore un quatrième pôle d’attraction depuis l’avènement du christianisme. C’est celui du Verbe Incarné. L’homme pour se comprendre a devant lui Dieu Lui-même fait chair. Il n’a plus à chercher difficilement de qui il est l’image en s’engageant dans l’exploration des sphères élevées. Il a devant lui le Christ Notre Seigneur, l’Époux de l’humanité, qui le lui révèle. Et c’est de là, depuis ce centre, que les trois autres directions vont s’unifier, trouver chacune leur vraie place, pour que l’homme comprenne vraiment qui il est.

Alors l’Esprit de Dieu se répand sur le monde par cet Enfant qui nous est né. Il est accompagné des anges qui manifestent son amour et agissent avec puissance. Le monde naturel s’en trouve illuminé et perfectionné. Et les créations de l’homme, qui faisaient signes vers l’action que réalisent les êtres supérieurs que sont les anges et l’Esprit de Dieu, trouvent une place harmonieuse dans l’ensemble. Et l’homme, l’homme qui est le gardien de ce monde, l’homme dont le oui est nécessaire pour que se réalise le plan divin, se trouve emporté dans ce grand mouvement, non pas comme étant perdu dans quelque chose sur lequel il n’aurait aucune prise, mais comme co-opérateur, et co-orchestrateur d’une divine symphonie qui le dépasse et qui vient résonner en lui. Et dans cet écho, il trouve sa note propre qui le conduit à s’engager et à agir dans une alliance avec le monde supérieur qui fait que ce qu’il réalise à son échelle se trouve repris et incorporé dans la vaste fresque où il se trouve participant d’action que ne sont plus à sa mesure. Alors, il faut descendre dans son cœur en faisant silence, et trouver cette vie bouillonnante qui ne demande qu’à se révéler à nous. Ce n’est que là, avec le Christ-Jésus, dans un mystère d’amour et dans la réunification de toutes ces directions, que le cœur de l’homme peut enfin trouver l’unité qu’il cherche. Et c’est là que l’on trouve la vraie paix et la vraie joie.

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