Du sacerdoce

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Le sacerdoce du Christ consiste à faire circuler la vie divine du Fils vers le Père dans l’Esprit-Saint et à amener les créatures dans ce mouvement. Notre Seigneur offre ainsi chaque chose pour la glorification de Dieu. Il les installe par Miséricorde dans le déploiement de l’Amour de Dieu.

Les personnes possédant le sacerdoce ministériel sont marquées dans leur être pour signifier et réaliser cette fonction au nom du Christ. Ils adoptent une posture de prêtre dans la société des hommes et sont capables de poser les gestes qui actualisent le sacerdoce du Christ afin d’amener toutes choses dans la vie divine.

Tout baptisé possède le sacerdoce commun des fidèles pour s’associer au sacerdoce du prêtre et par là au sacerdoce du Christ. Tous contribuent donc à l’entrée des créatures dans la vie divine, chacun à sa place.

Cependant, une fois entré dans la vie divine, chacun se trouve en mesure d’effectuer l’acte de glorification de Dieu, c’est-à-dire d’effectuer la circulation de la vie divine du Fils vers le Père dans l’Esprit-Saint, sans avoir à passer par le sacerdoce ministériel, en allant directement au sacerdoce du Christ. Lire la suite « Du sacerdoce »

Marier les vertus morales

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Les vertus cardinales sont la prudence, la justice, la tempérance et la force. D’elles découlent toute la vie morale de l’homme. Cette vie morale se veut comme un équilibre entre des extrêmes. En chaque chose, il nous faut composer entre divers comportements possibles pour être sur la crête d’une montagne et avancer vers le sommet. Se dessinent alors deux visages possibles de chacune des vertus, deux versants où l’on peut cheminer. La prudence est prudence ou entreprise. La justice est justice ou bienveillance. La tempérance est tempérance ou jouissance. La force est force ou tendresse.

Et l’on s’aperçoit que l’on gagne à considérer les vertus morales comme mariées, dans une dualité. Usant à chaque instant davantage de l’un ou de l’autre versant, nous avançons dans la durée d’une manière équilibrée. Lire la suite « Marier les vertus morales »

Ordre et diversité

Lac d'Emosson, Suisse

Faire de l’ordre, c’est créer de la singularité. C’est sortir d’un chaos où tout est pareil et uniformisé pour donner à chaque chose une place particulière. C’est créer de la diversité, car les choses ont alors des aspects qui leur sont propres. Une culture est un ordre donné, une ville avec sa forme est un ordre donné, une langue est un ordre donné, un métier est un ordre donné. Et nous avons besoin de la diversité des métiers, des villes, des langues et des cultures. Il en est de même pour les multiples facettes de nos spiritualités. Par exemple, l’ordre des Franciscains, l’ordre des Carmes, l’ordre des Dominicains, l’ordre des Bénédictins, l’ordre de Chartreux, et tous les autres, sont autant de manières particulières de vivre la spiritualité qui se complètent et s’interpellent ; et qui nous interpellent même si nous ne sommes pas nous-même dans un ordre religieux.

L’uniformité vient quand on laisse le chaos s’installer. Mais aussi quand l’on cherche à propager un ordre singulier au-delà des limites qui lui sont assignées. Lire la suite « Ordre et diversité »

Vers la Civilisation de l’Amour

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Adoration des mages

« La civilisation de l’amour l’emportera sur la fièvre des luttes sociales implacables et donnera au monde la transfiguration tant attendue de l’humanité finalement chrétienne. » Homélie de Paul VI, le 24 décembre 1975.

Le monde est en attente. Il cherche quelque chose. Il cherche une unité qu’il n’a pas. Une unité entre les personnes. Une unité entre les communautés. Une unité entre les pays. Une unité au sein même de chaque personne. Une unité de la pensée. Une unité de la parole. Une unité de l’agir. Une unité du ressenti. Quelque chose qui nous permette de retrouver l’harmonie perdue, de retrouver la joie de vivre simplement la diversité des facettes de ce que l’on est.

Le monde manque de joie et d’espérance. Le monde manque d’amour.

On pourrait continuer longtemps comme cela à dresser la liste de ce qui nous manque. C’est étonnant en fait. Le Christ est venu il y a deux mille ans apporter la vie de Dieu ; et aujourd’hui encore, il n’y a pas d’unité, il n’y a pas de paix. Mais, en fait, si l’on écoute les paroles du Christ, et le Nouveau Testament en général, on découvre que cela avait été annoncé : « Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres : gardez-vous d’être troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume, et il y aura, en divers lieux, des famines et des tremblements de terre. Tout cela ne sera que le commencement des douleurs. » (Mt 24, 6-8). Lire la suite « Vers la Civilisation de l’Amour »

La conscience de Jésus

Jésus Miséricordieux

Jésus est Dieu. Jésus est un homme qui est Dieu. C’est un profond mystère que nous n’aurons jamais fini de contempler. C’est la Personne divine de Dieu le Fils. C’est cette Personne qui, assumant la nature humaine, a eu et a encore une vie humaine. La substance de Jésus, c’est la Substance de Dieu ; puisque Dieu n’a qu’une seule Substance ; et puisque la substance d’un être est caractérisée par son acte d’être le plus grand, à savoir pour Jésus, celui de sa divinité, tout en incluant les autres actes d’être, à savoir pour Jésus ceux de son humanité, c’est-à-dire celui de son âme et celui de sa matière (cf l’article La composition des essences).

Cette Personne de Jésus a une conscience. Une conscience au Je. Dieu a une conscience au Nous, car il est un Dieu en trois Personnes. Mais chaque Personne divine à une conscience au Je. Une conscience au je est ce que nous autres créatures spirituelles avons aussi. Lire la suite « La conscience de Jésus »

L’Arc-en-Ciel

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« C’est ici le signe de l’alliance que j’établis entre moi et vous, et tous les êtres vivants qui sont avec vous, pour les générations à toujours : j’ai placé mon arc dans la nuée, et il servira de signe d’alliance entre moi et la terre. » (Gn 9, 12-13). Tout le monde connaît l’histoire de Noé et du déluge qui se termine par ce sublime arc-en-ciel comme signe de l’Alliance entre Dieu et les hommes pour la suite des temps. Moins connu peut-être est la présence de l’arc-en-ciel dans le livre de l’Apocalypse.

On le voit déjà autour du trône de Dieu : « Et voici, il y avait un trône dans le ciel, et sur ce trône quelqu’un était assis. Celui qui était assis avait l’aspect d’une pierre de jaspe et de sardoine ; et le trône était environné d’un arc-en-ciel semblable à de l’émeraude. Autour du trône je vis vingt-quatre trônes, et sur ces trônes vingt-quatre vieillards assis, revêtus de vêtements blancs, et sur leurs têtes des couronnes d’or. » (Ap 4, 2-4). Il s’agit là d’une description de la vie des chœurs angélique autour du trône de Dieu. Lire la suite « L’Arc-en-Ciel »

La vie en abondance

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Une peinture de Vernet

« Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture. » Jn 7, 38.

Le Seigneur Jésus nous appelle à lui, car il veut nous donner la vie en abondance. Et il veut se servir de nous pour la répandre dans le monde.

Mais qu’est-ce que la vie ? Qu’est-ce donc que cette chose si précieuse que l’on cherche à garder, tout en étant capable de la gaspiller grandement ?

La vie est ce puissant dynamisme qui fait que l’être se déploie dans ses diverses potentialités. C’est une disposition profonde de toute chose pour sa propre réalisation. La vie est encore plus fondamentale que le vouloir ou la vertu. Le vouloir accompagne la vie en l’orientant dans le choix du bien. La vertu est le dynamisme de nos diverses facultés, là où la vie est le dynamisme de l’être. Nous prenons ici la notion de dynamisme dans le sens d’une disposition stable pour se réaliser dans sa finalité. Lire la suite « La vie en abondance »

Sacramentalité et réalité

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Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit Dieu. La divinité s’est associée à l’humanité en Jésus-Christ pour nous manifester son amour, nous réconcilier avec elle et nous entraîner dans les mouvements éternels des échanges du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint où tout n’est que vie, don, joie, félicité, union et fécondité.

Dieu, qui est présent à toute chose de tous les instants, est venu par son humanité à un moment donné de l’histoire pour faire de nous des fils adoptifs. Il a vécu, il est mort et il est ressuscité. Puis il est reparti, mais sans nous laisser seuls. Non seulement il nous a donné son Esprit-Saint, mais il nous a donné l’Église pour que nous trouvions en elle les moyens d’être rendus participants du grand mystère de son Incarnation, de sa Rédemption et de l’Assomption de la nature humaine en Dieu. Il nous l’a donnée pour que notre vie ne soit plus livrée à nous-même et à nos propres forces, mais pour que nous entrions dans la vie même de Dieu, dans les propres mouvements de sa vie intime.

La vie de l’Église, c’est le Christ qui s’approche de nous, qui nous transforme et nous confère l’adoption filiale. La vie de l’Église, c’est le Christ qui vit en nous pour nous entraîner dans l’Amour trinitaire.

Le Christ au cours de sa vie terrestre a été mis dans son humanité en présence de toutes les choses de tous les instants du commencement du monde jusqu’à son achèvement dans la gloire. Il a vu tout ce que nous vivons. Il s’est réjoui avec nous, il a souffert avec nous, il a souffert à cause de nous, il a été consolé par nous. Lire la suite « Sacramentalité et réalité »

Mais où va l’Église ?

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Vitrail des noces de Cana

Des débats rejaillissent fréquemment dans l’Église et mettent certains en émoi. C’est le cas notamment, à l’occasion de ce synode sur l’Amazonie, au sujet de l’accès éventuel des femmes à l’ordre diaconal et sacerdotal. D’autres confessions chrétiennes ont déjà franchi ce pas. Mais, selon la tradition catholique, le Christ a institué le sacrement de l’ordre pour les hommes ; et comme l’a dit Jean-Paul II en son temps, l’Église ne peut pas revenir là-dessus.

Cependant le monde d’aujourd’hui, épris d’égalité entre les hommes et les femmes, interroge l’Église sur la place réciproque des hommes et des femmes en son sein. Cette attention est juste, même si cela se fait parfois dans des excès et de la confusion. Le monde a cheminé sur cette question, et l’on est en droit de revisiter ce qui peut l’être. D’autant que l’Église a pu faire preuve d’un certain excès dans la place accordée aux hommes par rapport à celle des femmes, ce qui n’a pas été sans conséquences sur certaine déviation de la spiritualité. L’on peut noter à juste titre que l’Église a pu manquer de compassion et de miséricorde au cours des derniers siècles quant à ceux dont la vie était tordue ou en dehors des normes, ce qui nous apparaît comme la marque d’une trop grande absence de repères féminins.

Alors, qu’est-ce que l’Esprit dit aux Églises à ce sujet ? Quelle est la volonté du Seigneur sur la place des hommes et des femmes dans les ministères ecclésiastiques ?

Dans le livre de l’Apocalypse, il est écrit : « Un signe grandiose apparut dans le ciel : une Femme ! » (Ap 12, 1). Ce passage désigne la Vierge Marie. Il désigne aussi l’Église. Mais il peut aussi désigner dans le foisonnement de sens qu’un tel passage recèle l’irruption de quelque chose de proprement féminin dans le mystère ecclésial. Quelque chose de nouveau dans le chemin de l’Église. Lire la suite « Mais où va l’Église ? »

Lc 10, 38-42 : Marthe, Marie et la Volonté de Dieu

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (10, 38-42)

En ce temps-là, Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut. Elle avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

Commentaire

Le Seigneur Jésus nous présente ici une meilleure part. Quelque chose de désirable. Quelque chose qu’il faut souhaiter avoir pour soi. De quoi s’agit-il donc ? Une lecture rapide et très courante consisterait à dire que la meilleure part, celle de Marie, est la vie contemplative, et que l’autre part, celle de Marthe, est la vie active. Il faudrait alors donner une préférence à la vie contemplative. Une telle lecture, qui sous certains aspects n’est pas vraiment fausse, pourrait laisser penser qu’il faille délaisser la vie active ou la sous-estimer. Et l’on se rattrape en disant que toute vie a finalement les deux aspects : actif et contemplatif. Or, il ne s’agit pas de cela en fait.

Marie, assise aux pieds du Seigneur, « écoutait sa parole ». Ce que le Seigneur loue en Marie, c’est qu’elle écoute, qu’elle L’écoute. Or, de l’écoute naît l’obéissance. L’étymologie de ce mot étant justement d’écouter, de prêter l’oreille. La meilleur part que le Seigneur désigne en Marie, c’est qu’elle fait sa Volonté. La meilleur part qu’il nous faut désirer, c’est de faire la Volonté du Seigneur, en toute chose et partout. Lire la suite « Lc 10, 38-42 : Marthe, Marie et la Volonté de Dieu »