Des anges, de leur existence et de leur sexe

Puisque le monde est en feu, il est temps de parler du sexe des anges. C’est une longue tradition depuis la chute de l’empire d’Orient sous les assauts des armées musulmanes en 1453 de procéder ainsi en de telles situations. Cela peut faire rire, mais à chacun de savoir où sont ses priorités. Nous ne faisons pas ici de l’ironie mal placée, mais nous désignons au contraire le point sur lequel notre civilisation a échoué ; et qui peut donc être le lieu d’un renouveau. À vous de vous faire une idée si vous acceptez de prendre le temps de nous lire dans nos différents articles. Nous regarderons ici tout d’abord la question de l’existence des anges, puis celle de leur sexe.

Les anges, donc, qui nous écoutent et sont prêts de nous, sont des êtres purement spirituels. Les diverses religions et cultures attestent de leur existence. Mais peut-on prouver cette existence par la raison humaine ? Certains diront que non, et que cela relèvent seulement de la foi. D’autres, comme saint Thomas d’Aquin et nous-mêmes, soutiendront que cela est possible. La preuve repose essentiellement sur l’argument de la complétude de l’univers des créatures.

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Alliances éternelles

Joachim de Flore a écrit son livre Concordance pour détailler comment, en mettant en parallèle l’Ancien et le Nouveau Testament, adviendrait l’âge de l’Esprit-Saint, après celui du Père et du Fils. Il livre là une vision trinitaire de l’histoire souvent reprise par la suite, généralement avec des conceptions anti-hiérarchiques. La pensée de ce moine est perçue par la théologie catholique comme trop systémique, comme poussant un peu trop loin certaines idées, mais avec des intuitions qui peuvent être quand même intéressantes.

De fait, c’est une question intéressante. Quel progrès historique, au niveau théologique et ecclésial, est-on en droit d’attendre ? La comparaison habituelle se réfère à l’image du développement d’un corps. Dans les premiers siècles de l’Église ont été posées les structures porteuses, de la même manière que dans l’embryon se met en place les différents organes. Puis le corps se déploie, grandit et se fortifie sans que disparaisse ou qu’apparaisse un élément essentiel. Il n’y a donc pas lieu de remettre en cause les dogmes, les sacrements, les textes sacrés, la hiérarchie ecclésiastique, le célibat consacré, etc. Ce sont là les éléments vitaux du corps qu’est l’Église. Ce corps se déploie, grandit. Des personnes s’y adjoignent chaque jour, des avancées théologiques se font, des pratiques évoluent. Mais l’essentiel se maintient.

Cependant, il est dit dans la Cantique des cantiques (8, 8) : « Notre sœur est petite : elle n’a pas encore les seins formés. Que ferons-nous à notre sœur, le jour où il sera question d’elle ? » Dans le chemin de l’Église vers ses noces éternelles, après déjà un long développement, il est dit ici que des formes et des rondeurs jusque là inconnues peuvent apparaître. Cela ne remet pas en cause le reste du corps, mais cela donne de nouvelles perspectives fascinantes qui peuvent donner un autre goût à la vie ecclésiale et aux mystères théologiques. C’est ce que dit par ailleurs l’apôtre Jean, affirmant connaître des choses qu’il n’est pas encore temps pour nous de découvrir : « Et quand les sept tonnerres eurent fait entendre leurs voix, j’allais écrire ; et j’entendis du ciel une voix qui disait : Scelle ce qu’ont dit les sept tonnerres, et ne l’écris pas… mais qu’aux jours de la voix du septième ange, quand il sonnera de la trompette, le mystère de Dieu s’accomplira, comme il l’a annoncé à ses serviteurs, les prophètes. » (Ap 10, 4-7). Il est dit de fait que l’Esprit-Saint doit nous mener dans la vérité toute entière (Jn 16, 13).

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Le sceau de Dieu

L’Agneau mystique que tous viennent adorer (Jan van Eyck)

Une personne m’a rapporté avoir vu un arbre tombé un jour, pourri par le milieu. Ce n’était pas la base qui avait pourri, mais le tronc à mi-hauteur. C’est là l’image de notre monde. Ses racines ont plongé dans le christianisme, mais en grandissant, il l’a rejeté. Il s’est bâti fier et élancé. Cependant, son tronc à mi-hauteur est pourri et il va s’effondrer.

Nous avons parlé de cette chute dans notre article Résilience et de l’attitude à adopter. Mais ce qu’il faut ajouter, c’est que le Seigneur a encore une mission pour notre monde, une dernière. Il veut s’en servir pour manifester une lumière de l’Évangile qui n’a pas encore été vue ; il a un dernier mystère à nous manifester, à nous rendre explicite.

Ce mystère touche à l’Incarnation. Et c’est bien là, à l’Incarnation, que le bas blesse : notre attitude durant la crise sanitaire a bien montré que nous n’avons pas su défendre l’Incarnation. Plus de sacrements, plus de présence réelle, plus de visites, que du virtuel et des écrans, et chacun chez soi.

Saint Jean nous avait prévenus : « Car de nombreux séducteurs se sont répandus dans le monde : ils ne professent pas la foi à la venue de Jésus Christ dans la chair. Le voilà, le séducteur et l’antéchrist ! » (2 Jean 1, 7). Et c’est bien à cela qu’il nous faut venir : défendre l’incarnation, et bâtir la civilisation de l’amour.

Ce que nous appelons civilisation de l’amour est une société bâtie autour du Verbe fait chair et qui vit de charité concrète : elle ne peut négliger la dévotion eucharistique, le juste rapport au corps, en particulier dans sa dimension sexuée et dans une fécondité bâtie sur la relation homme-femme, et la convivialité dans ce qu’elle a d’incarnée par l’utilisation des beautés de la culture et la mise en œuvre d’une authentique créativité. Cette civilisation ne peut négliger la nature où la matière est le reflet des splendeurs de la spiritualité. Et elle ne peut négliger le monde des anges, sans lequel notre spiritualité vire vers le rationalisme et l’idéalisme, et sans lequel l’unité de notre être fait d’esprit et de matière se trouve déséquilibrée. Il n’y a rien de plus concret qu’un ange, si ce n’est Dieu lui-même. La civilisation de l’amour est donc une civilisation de l’Incarnation.

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Chemin spirituel

Jérusalem - cité de Salomon
L’ancienne Cité de Jérusalem

Sur cette Terre, nous sommes en chemin vers Dieu. C’est un cri de l’âme qu’il faut avoir et cultiver : Je veux voir Dieu, je veux vivre avec Dieu. C’est là que se trouve le vrai bonheur : dans ce chemin. Il faut l’emprunter pour arriver à la joie parfaite. Ce chemin a été décrit par les écoles de spiritualité. Nous allons tâcher ici d’en présenter une synthèse, un résumé, assez succinctement.

Pour bien comprendre ce chemin, il faut avoir en vue une juste anthropologie. Lire la suite « Chemin spirituel »

Adonaï

Trinité 2

Adonaï, en hébreu, cela veut dire : le Seigneur. C’est une manière traditionnelle de désigner l’Éternel, qui est notamment utilisée pour prononcer le tétragramme YHWH, qui pour un juif est imprononçable.

« Sh’ma Israël, Adonaï Elohenou, Adonaï Ehad ». « Écoute Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est UN » (Dt 6, 4-9). Cette phrase est récitée deux fois par jour par les juifs pratiquants. Adonaï, le Seigneur, c’est celui qui veille sur nous. C’est celui qui nous aime. C’est celui qui veut faire Alliance avec nous.

Adonaï, nous le rencontrons en regardant le vaste monde, dans cette immensité, et au-delà de cette immensité. Il est présent à toute chose, du plus petit des êtres au plus grand des êtres. Et il est au-delà de toute chose. Nous le rencontrons en entrant en nous-mêmes, dans notre propre cœur. Il est à l’intime de nous-mêmes, plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes. Il est à la source de ce que nous sommes. Il est à notre achèvement. Il est dans les autres et au-delà des autres. Il vient vivre dans notre cœur. Il vient vivre dans le cœur des autres.

Heureux celui qui sait Le reconnaître en toute chose, qui sait se rendre présent à Lui partout, qui sait vivre avec Lui. Lire la suite « Adonaï »

Très-humanisme et spiritualité

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Le ciel et la Terre – Le livre des œuvres divines de sainte Hildegarde de Bingen

Notre époque nous conduit non seulement à chercher à être humain, mais aussi à être très humain.

D’immenses courants nous entraînent vers un individualisme où l’on se replie sur soi, ou vers un utilitarisme où l’on use de l’autre ou de la création pour son propre intérêt. Nous nous retrouvons loin des beautés de la nature, loin de la splendeur des rencontres, au profit d’un monde de plus en plus virtuel et auto-référencé. La technique nous offre de quoi transformer la matière humaine dans une direction qui paraît hors de contrôle. L’opposition entre un idéal porté par un grand nombre et la réalité où l’on évolue est grande. Des conflits latents ne demandent qu’à surgir et à nous entraîner dans des abîmes sans nom. La finance règne. Le profit fait sa loi. La technique s’immisce partout.

Pourtant, il y a des courants de vie qui nous portent à bâtir un monde meilleur, un monde où l’amour est le sel et le ferment de l’existence. Et l’on s’oriente vers des œuvres sociales et solidaires. L’on fait le choix de la joyeuse sobriété. L’on cherche à concilier l’économie, l’écologie et l’humain. L’on agit pour une économie au service de la communion, de la commune unité où tous et chacun, en particulier les plus pauvres, peuvent se réaliser dans le respect de leur dignité. L’on espère que ces efforts ne seront pas vains, et qu’adviendra une authentique civilisation d’amour. Lire la suite « Très-humanisme et spiritualité »

Le Jardin d’Éden

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Commentaire de Gn 2, 4 – 3, 24 :

Tout le monde connaît ce récit des premières pages de la Genèse qui nous parle d’un jardin à l’orient où vécurent nos premiers parents. On y trouve un arbre de vie en son centre, ainsi qu’un arbre de la connaissance du bien et du mal. On y trouve quatre fleuves, ainsi que des animaux, dont le fameux serpent qui tenta Ève, et nous mena à la chute, à l’exclusion de ce jardin et à l’irruption de la mort.

Ce serpent et sa parole trompeuse sont comme une disharmonie dans ce jardin primordial venu de la bonté de Dieu. Nous pouvons nous demander d’où vient cette malveillance qui nous mena au désastre ?

Il faut se rappeler que la création des hommes fait suite à la création des anges et à leur propre détermination pour ou contre Dieu. Certains choisirent de Le servir pour l’éternité en entrant dans le mystère de l’amour. D’autres optèrent pour la rébellion en s’éloignant de la communion pour laquelle ils avaient été créés. Lire la suite « Le Jardin d’Éden »

Cœur dispersé

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L’homme depuis le péché est dispersé. Il a perdu son vrai centre, et il erre en de nombreuses voies sans être rassasié. Diverses polarités l’attirent. Il cherche en dehors de lui ce dont il est l’image, pensant y trouver un modèle de vie et un secret du bonheur. Bien sûr, il est à l’image de Dieu, mais comment comprendre ce qu’est cette image s’il n’a pas de vis-à-vis pour le lui révéler. Alors il cherche… Et, l’Ennemi s’y donne a cœur joie pour le diviser entre diverses directions et pour le rabaisser par ces errances à ce qu’il n’est pas.

L’homme peut être attiré par le monde animal Lire la suite « Cœur dispersé »

Parce que Dieu est Tout Puissant

Jésus Miséricordieux

En ce temps où les difficultés abondent par les changements de rythme et les restrictions imposées, et par les combats immenses auxquels nous sommes pour certains confrontés, peut-être pouvons-nous ressentir parfois des sentiments d’échec. Il se peut que s’effondre beaucoup de nos repères. Il se peut que ce que l’on avait espéré ne se réalise pas, ou que l’on s’aperçoive que l’on s’était trompé de combat. Il se peut aussi que l’on ait l’impression de ne plus s’en sortir.

Rappelons-nous alors que Dieu est Tout Puissant, et que comme toujours dans ce genre de situation, il ouvrira un jour les écluses du Ciel, et les grâces tomberont à flot. Rappelons-nous que Dieu sait tirer de toute chose un bien, même de nos erreurs et de nos péchés. C’est comme dans l’Évangile en Marc 4, 35-41, où la tempête assaille la barque alors que Jésus dort. Mais un jour il se réveille, et il apaise la tempête. Rappelons-nous que Dieu est toujours prêt à intervenir avec ses anges et ses saints. Rappelons-nous aussi que nous ne sommes pas seuls, et que c’est en communion avec nos frères et nos sœurs que nous agissons, même si quelque fois, nous sommes bien seuls à faire nos choix. Rappelons-nous que Dieu ne nous demande pas l’impossible ; et s’il nous le demande, c’est que c’est Lui et très clairement qui l’a rendu possible. Rappelons-nous que Dieu sait se servir de nos pauvretés.

Alors n’ayons pas peur de ce qui nous attend, ou de ce qui peut arriver. Gardons vive la joie du Seigneur en nous. Dieu ne nous fera pas défaut. « [Son] alliance de paix ne chancellera pas ! » (Is 54, 10).

Dieu est Amour. La joie du Seigneur est notre rempart ! (cf Psaume 18).

La folie de la foi

« Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la Terre ? » (Luc 18, 8). Cette question de Jésus a de quoi nous faire frémir. L’avons-nous vraiment cette foi que nous prétendons professer ? L’avons-nous cette foi qui si petite soit-elle est capable de déplacer les montagnes ? L’avons-nous cette foi du grain de sénevé qui est toute confiance en Dieu ?

Avoir la foi, c’est laisser la vie divine faire irruption en nous. C’est ne plus vivre à notre mesure, mais à celle de Dieu. C’est vivre avec Lui : nous en Lui, et Lui en nous. Et cette vie en nous vient transformer notre regard sur le monde ; elle vient illuminer notre intelligence, lui donnant de goûter une sagesse qui la dépasse. Et cette vie en nous vient nous porter vers des actions et des œuvres non plus à notre mesure, mais à celle de Dieu. Si la foi est vraiment en nous, alors il doit y avoir la folie en nous. De la folie dans l’accueil de cette vie divine et dans la place qu’elle vient prendre dans notre existence. De la folie dans notre manière de voir le monde qui est bien au-delà de la bien-pensance du monde. De la folie dans nos œuvres qui ne reposent pas sur un équilibre humain, mais divin. De la folie… Non, pas qu’il faille ignorer les sagesses des diverses cultures, mais parce que la vie de Dieu nous amène bien au-delà. Lire la suite « La folie de la foi »