La douzième passion

passion enthousiasme

Qui a étudié Aristote sait que pour lui, et beaucoup à sa suite, le désir s’efface dans le bien possédé. Il n’y a pas ou plus de désir quand l’on est en possession d’un objet aimé. Le désir est selon lui lié à de la souffrance, car il y a un manque, et n’existe plus dans le bonheur.

C’est une vision surprenante qui semble rejoindre les partisans de l’extinction du désir, et tous ceux qui cherchent à faire disparaître leur désir pour faire disparaître la souffrance.

Pourtant, notre expérience de vacances réussies, de moments intenses en joie et en amour, ont suscité en nous une forte émotion qui nous pousse à désirer davantage, à chercher davantage à prolonger la vie et le bonheur. Le bien possédé, loin de faire disparaître le désir, semble au contraire le susciter pour nous porter encore plus loin dans la joie, dans l’amour, dans le don.

Qu’en est-il ? Le désir s’efface-t-il dans le bonheur, ou au contraire se prolonge-t-il, voire même croît-il, pour nous porter encore plus loin ? Lire la suite « La douzième passion »

Immigration et identité

france monde

Les vagues d’immigration qui arrivent sur notre sol font craindre à certains que soit balayée bientôt notre identité. Ils affirment que les tensions ne vont faire que monter entre ceux qui sont attachés à nos racines, et ceux qui arrivent déracinés avec des cultures parfois fort éloignées, avec des valeurs souvent très différentes, et avec peu ou pas de volonté de s’inculturer.

Les personnes qui arrivent chez nous le font parfois pour fuir des lieux de guerres, d’autres fois pour chercher un environnement économique plus favorable. Il peut y avoir aussi beaucoup d’autres raisons plus ou moins louables, comme celle d’islamiser notre pays.

L’appel de la charité nous pressent à ne pas laisser sur le tapis ces personnes qui frappent à nos portes, mais le service du bien commun nous demande une certaine prudence.

Faut-il donc accueillir largement ces personnes ? Ou faut-il préserver notre identité et leur fermer la porte ? Lire la suite « Immigration et identité »

L’homme, cet animal spirituel

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Nicolas Poussin, La Sainte Famille avec sainte Elizabeth et saint Jean

Le corps se définit comme le composé d’une âme et de matière. L’homme est donc un corps. Il n’a pas un corps, mais il est un corps. C’est quelque chose d’important à percevoir : il est un corps. La notion de corps englobe celle d’esprit. Bien sûr, chez les animaux, l’âme n’est pas spirituelle, mais est incluse dans la matière elle-même ; la notion de corps animal, moins riche que chez l’homme, ne comprend pas de dimension spirituelle. Mais chez celui-ci, c’est le concept de corps humain qui exprime le plus parmi ces notions ce qu’est l’homme : cela parle de son esprit et de sa matière. Lire la suite « L’homme, cet animal spirituel »

Des animaux et des hommes

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On dit généralement que l’animal a une conscience animale où il fait ses choix pour chercher les plaisirs et fuir les peines. C’est ce que l’on appelle son estimative qui est un sens interne et qui s’explique uniquement par les lois de la matière, sans aucune idée de spiritualité ni de libre-arbitre. Cependant, l’on constate qu’une certaine harmonie supérieure s’installe au sein de la nature dans des écosystèmes élaborés ; cela est déjà vrai au niveau de chaque espèce animale, mais cela est vrai de manière plus vaste entre les multiples animaux, végétaux et minéraux. Les animaux ne sont-ils donc guidés que par leur propre instinct les portant au plaisir ? Ou y a-t-il une force supérieure de la nature qui orienterait leur agir vers un déploiement de vie plus vaste ? Lire la suite « Des animaux et des hommes »

Faut-il avoir peur des robots ?

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Notre monde semble bientôt prendre un nouveau tournant : celui de l’arrivée des robots. Dans les entreprises, dans l’agriculture, dans le soin, dans la maison. Le monde industriel a déjà produit de nombreux automates et machines en tout genre. Certains ont beaucoup contribué à améliorer nos conditions de vie : la machine à laver, le téléphone, les engins motorisés, les outils de travail, les ordinateurs… La liste est longue. Mais là, c’est à un degré supérieur de complexification des machines que nous arrivons.

Cette irruption, même quand elle n’est pas clairement utilisée d’une manière néfaste, semble pour certains assez ambivalente : ces engins abîment notre environnement, détériorent notre santé. Ils nous font entrer dans une logique consumériste et non durable. À la longue, ils nous coupent de la présence aux choses ; ils nous empêchent d’être en harmonie avec le monde ; ils nous placent dans un monde virtuel et sans vie réelle. Lire la suite « Faut-il avoir peur des robots ? »

De la science

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La science moderne est une science physico-mathématique. Elle s’intéresse aux phénomènes du monde visible, elle est donc une physique. Et elle cherche à établir les lois quantifiables qui la régissent. Elle cherche dans la quantité ses principes d’explication. Elle fait donc usage des mathématiques pour l’établissement de ses théories.

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Même si c’est une lunette particulière, c’est bien une lunette fascinante pour regarder le monde, pour en observer les contours, de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Les choses se mesurent, se situent dans des repères, interagissent selon des forces et des lois. Depuis les particules élémentaires de la matière, jusqu’aux galaxies et amas de galaxies, en passant par les atomes, les molécules, les ADN, les ondes, les planètes et les astres, tout semble observable, quantifiable et mesurable. Le monde est une étendue mesurable. Le scientifique, c’est celui qui sait établir les lois quantifiables de l’univers. Lire la suite « De la science »

Quelle espérance ?

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Tout va de plus en plus vite. Un courant avec une force inouïe semble tout emporter sur son passage. La civilisation est en train de changer, en profondeur. Cela est dû à l’arriver des techniques et des nouvelles libertés. Le modèle ancien de la famille s’en est allé. L’euthanasie fait son chemin. La PMA et la GPA se banalisent et entrent dans les mœurs. Pourquoi ? Pourquoi nous éloignons-nous des conceptions traditionnelles sur le couple humain et la vie à accueillir et à soutenir jusqu’à son terme ? Pourquoi voit-on disparaître ce que le monde chrétien avait fait émerger comme la volonté de Dieu inscrite jusque dans la nature humaine ? Les civilisations avant la civilisation chrétienne n’avaient pas eu ce modèle : on y pratiquait sans scrupules la polygamie, l’infidélité, le divorce, l’excision, l’abandon d’enfants, et beaucoup d’autres choses. Pourquoi ce que l’Évangile avait ciselé durant des siècles est-il en train de s’effondrer ? Lire la suite « Quelle espérance ? »

Du paradis et de la vision béatifique

Sacré-cœur - roi de l'univers

Partager la vie divine pour l’éternité est le grand cadeau que Dieu veut nous faire en Jésus-Christ. « Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » (Jn 17,3). Nous verrons Dieu, nous connaîtrons Dieu. Et nous vivrons de son Amour, de sa vie, de sa joie.

En fait, par le baptême, nous vivons déjà de son amour, mais nous ne voyons pas encore Dieu dans son essence. Nous le voyons dans la nuit, dans la foi. Mais c’est bien déjà son amour, son amour immense qui se déploie dans nos cœurs et dans nos existences. C’est le don que Jésus nous fait quand nous venons à Lui et quand Il répand alors son Esprit dans nos cœurs ! Lire la suite « Du paradis et de la vision béatifique »

De la Trinité et du Filioque

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Le Père source de toute chose engendre le Fils pour être sa Parole, pour être le chant de ses merveilles. C’est une plénitude de vie et d’amour.
Le Père aime le Fils, Il est tourné vers Lui. Le Fils aime le Père, Il est tourné vers Lui.
Et de cet échange d’amour est spiré l’Esprit-Saint comme la communion du Père et du Fils. Il procède d’eux comme étant leur étreinte.
L’Esprit-Saint aime le Père ; Il est tourné vers Lui avec le Fils. L’Esprit-Saint aime le Fils ; Il est tourné vers Lui avec le Père.
Le Fils est tourné vers l’Esprit-Saint dans le même mouvement qu’il est tourné vers le Père.
Le Père est tourné vers l’Esprit-Saint dans le même mouvement qu’il est tourné vers le Fils.
C’est le Père qui engendre le Fils. Le Fils est engendré par le Père.
Le Père spire l’Esprit par le Fils pour aimer l’Esprit tout en aimant le Fils. C’est le don qu’il fait au Fils.
Le Fils spire l’Esprit avec le Père, cela lui étant donné du Père, pour aimer l’Esprit tout en aimant le Père. C’est le don qu’il fait au Père.
L’Esprit procède du Père par le Fils pour aimer le Père avec le Fils, c’est-à-dire en même temps que le Fils aime le Père.
L’Esprit procède du Père et du Fils pour aimer le Fils avec le Père, c’est-à-dire en même temps que le Père aime le Fils.
Nous retrouvons ici les deux formulations orientale et occidentale qui disent chacune quelque chose de différent du mystère : l’Esprit procède du Père par le Fils, et l’Esprit procède du Père et du Fils.

Les épousailles de l’Esprit-Saint

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« Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. » Jn 15,4

« Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui. » Jn 6,56

« En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. » Jn 14,20

« Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous. » Jn 14,16-17

Nous sommes en Dieu : nous avons été créés en Lui. Autres que Dieu, nous sommes pourtant en Lui, dans son amour. C’est un mystère très grand qui se fonde sur une autre altérité, plus primordiale, plus fondamentale. L’altérité qui existe dans la Trinité de toute éternité : en Dieu, il y a une différence qui est bonne. Cette différence des Personnes divines où l’une n’est pas inférieure à l’autre, mais lui est égale en nature, en dignité. Il y a dans cette altérité divine un espace d’amour pour qu’adviennent les créatures, certes inférieures en perfection, mais enveloppées dans un éternel amour. Lire la suite « Les épousailles de l’Esprit-Saint »