Graines d’étoiles

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Incendie de Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019

Jean Vanier, le fondateur de l’Arche, vient de perdre son auréole. Déjà promis pour beaucoup à accéder un jour à la gloire des autels, le voilà maintenant accusé d’abus sexuels. L’incendie qui sévit dans l’Église semble encore s’étendre.

Que se passe-t-il donc ? Une attitude possible serait le déni qui nous ferait dire que ce n’est pas possible. Mais la concordance des témoignages, l’habitude d’entendre des hommes prétendument intègres minés finalement par de grandes faiblesses et l’unanimité de ce que l’on lit dans les médias risquent fort de nous conduire à adhérer à cette triste nouvelle. N’était-il par très proche du père Thomas Philippe qui est connu pour ses nombreux abus du même genre qu’il a légitimé par une théologie déviante ? Et le frère de celui-ci, le père Marie-Dominique Philippe, n’est-il pas tombé dans le même travers ? Tout semble clair et assuré.

Et pourtant, nous ne suivrons pas cette voie-là d’adhérer à ces accusations pour au moins deux raisons. La première, à cause de la conscience aiguë que les errances spirituelles et théologiques du père Thomas Philippe n’ont pas pu les mener jusque là. La deuxième, car il existe une autre explication. Lire la suite « Graines d’étoiles »

Il était une fois

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Il était une fois un monde fatigué, épuisé et quelque peu pessimiste. Il est vrai que ce monde avait connu de nombreuses guerres, divisions et problèmes en tout genre. Mais ce monde était aussi animé par un profond dynamisme de renouvellement. Tout le monde n’en était pas conscient, mais cela apparut un jour aux yeux de beaucoup : les problèmes avaient reculé, le monde allait mieux que ce que l’on pensait, une nouvelle jeunesse semblait advenir. Tout n’allait pas encore tout à fait pour le mieux : il y avait encore des conflits, de la pauvreté et des injustices. Mais l’on pouvait vivre un peu plus tranquillement. On pouvait dire : « Paix et sécurité. ».

Puis, un jour, l’on découvrit que là, tout prêt de nous, mais caché, se trouvait un monde de ténèbres. Des millions et des millions d’âmes qui souffraient, qui étaient battus, qui vivaient une profonde désolation. L’on découvrit une horreur telle que l’on n’en avait jamais vu. Une horreur que des âmes noires abandonnées aux ténèbres avait constituée. Et l’on se mit à désespérer. Comment Dieu pouvait-il permettre cela ? Il ne devait vraiment pas exister ; ou alors il était pire que le diable. Comment l’homme pouvait-il réaliser cela ? L’homme n’était décidément pas bon. Il n’aurait jamais dû exister. Il ne devrait pas exister. Et ce fut le désespoir. Et des luttes sans fin contre ce monde de ténèbres. Et des luttes sans fin entre nous. Et l’anéantissement complet. Et l’incapacité à continuer de vivre devant tant d’horreurs. Et l’autodestruction.

Cela pourrait être notre monde. Cela ne le sera peut-être pas. Seule la Croix du Christ, et la vie qu’il nous y offre, pourra nous préserver de cela. Seule une vie eucharistique d’adoration et de louange devant Dieu, conjuguée avec un amour profond pour nos frères et sœurs, pourront nous préserver de cela.

Il nous faut rendre grâce pour l’immense chemin parcouru vers l’unité du monde et vers un authentique développement durable. Il faut l’accueillir avec joie. Mais il faut se rendre compte que l’essentiel est encore ailleurs. Que le cœur de l’homme doit être changé par la charité. Il faut nous rendre compte que ce développement est là pour nous permettre d’accueillir ce Lazare qui gît à notre porte, que nous ne voyons pas, mais que nous verrons un jour. En attendant, il nous faut regarder le Crucifié et tout l’amour qu’il dépose dans ce monde. Il faut aller le consoler dans tous ces Lazare qui gisent à nos portes. Et il faut prier pour tous ces Lazare que nous ne voyons pas pour le moment pour que Dieu leur apporte la consolation dès aujourd’hui dans leur misère, et demain, ou même dès aujourd’hui, en les sortant de cette misère.

La folie de la foi

« Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la Terre ? » (Luc 18, 8). Cette question de Jésus a de quoi nous faire frémir. L’avons-nous vraiment cette foi que nous prétendons professer ? L’avons-nous cette foi qui si petite soit-elle est capable de déplacer les montagnes ? L’avons-nous cette foi du grain de sénevé qui est toute confiance en Dieu ?

Avoir la foi, c’est laisser la vie divine faire irruption en nous. C’est ne plus vivre à notre mesure, mais à celle de Dieu. C’est vivre avec Lui : nous en Lui, et Lui en nous. Et cette vie en nous vient transformer notre regard sur le monde ; elle vient illuminer notre intelligence, lui donnant de goûter une sagesse qui la dépasse. Et cette vie en nous vient nous porter vers des actions et des œuvres non plus à notre mesure, mais à celle de Dieu. Si la foi est vraiment en nous, alors il doit y avoir la folie en nous. De la folie dans l’accueil de cette vie divine et dans la place qu’elle vient prendre dans notre existence. De la folie dans notre manière de voir le monde qui est bien au-delà de la bien-pensance du monde. De la folie dans nos œuvres qui ne reposent pas sur un équilibre humain, mais divin. De la folie… Non, pas qu’il faille ignorer les sagesses des diverses cultures, mais parce que la vie de Dieu nous amène bien au-delà. Lire la suite « La folie de la foi »

Du sacerdoce

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Le sacerdoce du Christ consiste à faire circuler la vie divine du Fils vers le Père dans l’Esprit-Saint et à amener les créatures dans ce mouvement. Notre Seigneur offre ainsi chaque chose pour la glorification de Dieu. Il les installe par Miséricorde dans le déploiement de l’Amour de Dieu.

Les personnes possédant le sacerdoce ministériel sont marquées dans leur être pour signifier et réaliser cette fonction au nom du Christ. Ils adoptent une posture de prêtre dans la société des hommes et sont capables de poser les gestes qui actualisent le sacerdoce du Christ afin d’amener toutes choses dans la vie divine.

Tout baptisé possède le sacerdoce commun des fidèles pour s’associer au sacerdoce du prêtre et par là au sacerdoce du Christ. Tous contribuent donc à l’entrée des créatures dans la vie divine, chacun à sa place.

Cependant, une fois entré dans la vie divine, chacun se trouve en mesure d’effectuer l’acte de glorification de Dieu, c’est-à-dire d’effectuer la circulation de la vie divine du Fils vers le Père dans l’Esprit-Saint, sans avoir à passer par le sacerdoce ministériel, en allant directement au sacerdoce du Christ. Lire la suite « Du sacerdoce »

Marier les vertus morales

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Les vertus cardinales sont la prudence, la justice, la tempérance et la force. D’elles découlent toute la vie morale de l’homme. Cette vie morale se veut comme un équilibre entre des extrêmes. En chaque chose, il nous faut composer entre divers comportements possibles pour être sur la crête d’une montagne et avancer vers le sommet. Se dessinent alors deux visages possibles de chacune des vertus, deux versants où l’on peut cheminer. La prudence est prudence ou entreprise. La justice est justice ou bienveillance. La tempérance est tempérance ou jouissance. La force est force ou tendresse.

Et l’on s’aperçoit que l’on gagne à considérer les vertus morales comme mariées, dans une dualité. Usant à chaque instant davantage de l’un ou de l’autre versant, nous avançons dans la durée d’une manière équilibrée. Lire la suite « Marier les vertus morales »

Les mains sales

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Charles Péguy disait de certains qu’ils ont les mains pures parce qu’ils n’ont pas de mains. Jacques Maritain disait d’autres personnes qu’ils passent leur vie à se vérifier sans jamais entrer dans la vie. De fait, agir dans le monde où nous sommes plongés malgré nous demande des choix qui peuvent être crucifiants. Nous nous retrouvons parfois devant des cas de conscience qui nous déconcertent. Peut-on mentir pour sauver une vie ou une situation ? Peut-on continuer à travailler pour des entreprises qui polluent à outrance ? Nous pourrions nous réfugier dans un angélisme lointain, dans une tour d’ivoire où l’on condamne un monde sur lequel nous ne voulons pas user un tant soit peu de nos mains pour le transformer. Jésus a dit au sujet de ceux qui entrent dans cette attitude : « Ils lient des fardeaux pesants, et les mettent sur les épaules des hommes, mais ils ne veulent pas les remuer du doigt. » (Mt 23, 4). Lire la suite « Les mains sales »

Connaissance et intelligence

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Connaître, cela veut dire naître avec, entrer dans une vie commune avec un autre. Dans le contexte biblique, cela était aussi utilisé pour l’union physique des époux. Il s’agit de s’unir dans la vie. Par la connaissance spirituelle, on touche l’être, on goûte la vie et on sent le don qui se déploie. La connaissance permet ainsi une certaine sensation, une certaine appréhension de la chose connue. Cela procure de la plénitude, de la paix et de la joie, s’il s’agit d’un bien. Et au contraire, s’il s’agit d’un mal, j’y trouve déréliction, angoisse et tristesse. Il s’agit là de sensations spirituelles, conscientes ou inconscientes, qui sont normalement faite pour aller de pair avec les sensations matérielles dans un même mouvement, mais qui, dans la condition présente de l’homme blessé, peuvent parfois être dans une certaine mesure opposées.

Cette faculté de connaissance a malheureusement trop souvent été un peu oubliée au profit de la faculté d’intelligence qui permet de saisir les essences, c’est-à-dire ce que sont les choses. Par l’intelligence, j’entends les essences en tant qu’elles orientent l’existence ; et je les vois en tant qu’elles caractérisent l’être. Lire la suite « Connaissance et intelligence »

Ordre et diversité

Lac d'Emosson, Suisse

Faire de l’ordre, c’est créer de la singularité. C’est sortir d’un chaos où tout est pareil et uniformisé pour donner à chaque chose une place particulière. C’est créer de la diversité, car les choses ont alors des aspects qui leur sont propres. Une culture est un ordre donné, une ville avec sa forme est un ordre donné, une langue est un ordre donné, un métier est un ordre donné. Et nous avons besoin de la diversité des métiers, des villes, des langues et des cultures. Il en est de même pour les multiples facettes de nos spiritualités. Par exemple, l’ordre des Franciscains, l’ordre des Carmes, l’ordre des Dominicains, l’ordre des Bénédictins, l’ordre de Chartreux, et tous les autres, sont autant de manières particulières de vivre la spiritualité qui se complètent et s’interpellent ; et qui nous interpellent même si nous ne sommes pas nous-même dans un ordre religieux.

L’uniformité vient quand on laisse le chaos s’installer. Mais aussi quand l’on cherche à propager un ordre singulier au-delà des limites qui lui sont assignées. Lire la suite « Ordre et diversité »

Le jour du Fils de l’homme

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Le Christ Jésus est parti dans son Ascension. Il a traversé les Cieux pour rejoindre le Père. Mais, il ne faudrait pas croire pour autant qu’il ait quitté la matière : il reste pleinement humain dans un corps glorifié. Il ne faudrait pas croire non plus qu’il ait quitté la Terre : de fait, nous le recevons à la messe dans toute son Humanité et sa Divinité. Il se laisse rencontrer dans l’Hostie qui est son corps de chair. Il nous l’a dit : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28, 20). (cf notre article, Mais où est le Ciel ?)

En fait, s’il a traversé les Cieux et toutes les puissances célestes, c’est pour que son Humanité prenne la stature du Cosmos tout entier : il est capable avec son corps glorieux d’être présent dans une sorte de multilocation à chaque être humain, et d’imprégner toute chose de sa spiritualité.

Ô toi lecteur, prends conscience que le Christ est présent en son humanité à côté de toi, dans ta chambre, dans ta maison. Lire la suite « Le jour du Fils de l’homme »

Vers la Civilisation de l’Amour

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Adoration des mages

« La civilisation de l’amour l’emportera sur la fièvre des luttes sociales implacables et donnera au monde la transfiguration tant attendue de l’humanité finalement chrétienne. » Homélie de Paul VI, le 24 décembre 1975.

Le monde est en attente. Il cherche quelque chose. Il cherche une unité qu’il n’a pas. Une unité entre les personnes. Une unité entre les communautés. Une unité entre les pays. Une unité au sein même de chaque personne. Une unité de la pensée. Une unité de la parole. Une unité de l’agir. Une unité du ressenti. Quelque chose qui nous permette de retrouver l’harmonie perdue, de retrouver la joie de vivre simplement la diversité des facettes de ce que l’on est.

Le monde manque de joie et d’espérance. Le monde manque d’amour.

On pourrait continuer longtemps comme cela à dresser la liste de ce qui nous manque. C’est étonnant en fait. Le Christ est venu il y a deux mille ans apporter la vie de Dieu ; et aujourd’hui encore, il n’y a pas d’unité, il n’y a pas de paix. Mais, en fait, si l’on écoute les paroles du Christ, et le Nouveau Testament en général, on découvre que cela avait été annoncé : « Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres : gardez-vous d’être troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume, et il y aura, en divers lieux, des famines et des tremblements de terre. Tout cela ne sera que le commencement des douleurs. » (Mt 24, 6-8). Lire la suite « Vers la Civilisation de l’Amour »