Une pluie de roses

Alors que le désarroi se fait de plus en plus sentir devant la situation actuelle où les mesures sanitaires prises sont encore pires que le mal contre lequel on prétend lutter, et où le monde semble aller vers le chaos… Alors que l’on ne sait plus trop quoi attendre de bon de la part de ceux qui nous gouvernent… Alors que l’on peut être tenté de chercher diverses voies pour réagir et montrer notre mécontentement… Il est bon de relire ce passage où Thérèse de Lisieux nous dévoile sa vocation :

« La Charité me donna la clef de ma vocation. Je compris que si l’Église avait un corps, composé de différents membres, le plus nécessaire, le plus noble de tous ne lui manquait pas, je compris que l’Église avait un Cœur, et que ce Cœur était brûlant d’amour. Je compris que l’Amour seul faisait agir les membres de l’Église, que si l’Amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Évangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang… Je compris que l’amour renfermait toutes les vocations, que l’amour était tout, qu’il embrassait tous les temps et tous les lieux… en un mot, qu’il est éternel !…

Alors dans l’excès de ma joie délirante, je me suis écriée : O Jésus, mon Amour… ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’amour…

Oui j’ai trouvé ma place dans l’Église et cette place, ô mon Dieu, c’est vous qui me l’avez donnée… dans le Cœur de l’Église, ma Mère, je serai l’Amour… ainsi je serai tout… ainsi mon rêve sera réalisé !!!… »

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L’Enfant-Dieu

Francisco de Zurbarán,
Une Vierge à l’Enfant

Au cœur de nos vies vient naître l’Enfant-Dieu… C’est le mystère que nous allons fêter bientôt à Noël. Dieu est né à Bethléem, mais il veut surtout naître aujourd’hui dans nos cœurs. Un mystique allemand du 17ème siècle, Angelius Silesisus, disait : « Christ pourrait être né mille fois à Bethléem, s’il ne naît pas en ton cœur aujourd’hui, c’est en vain qu’il est né. »

Car c’est un grand mystère : le Dieu très grand, le Très Haut Seigneur, s’est fait petit enfant en Jésus-Christ. Et ce grand Jésus-Christ, qui vient récapituler toute chose en lui, se fait petit enfant dans nos bras, dans nos cœurs, dans nos corps, dans nos âmes. Il vient naître en nous, dans sa chair, dans notre chair.

Quand on regarde le christianisme, toute sa mystique, toute son ascèse, toute sa théologie, tous ses chemins et ses détours, qui nous conduisent vers la perfection divine, il faut faire attention dans nos mouvements de conversion à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Le bébé, en l’occurrence, c’est Jésus fait chair. Sans lui, le christianisme, qui est une bonne nouvelle, risque de se transformer très vite en mauvaise nouvelle.

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La divine comédie

Icône de Novgorod, fin XVe siècle

Tout groupe humain, quel qu’il soit, est une assemblée de personnes humaines et de personnes angéliques autour de Dieu. Il ne faut pas oublier que partout où il y a des hommes, il y a aussi des anges, et que Dieu lui-même est présent. Et au travers d’un immense jeu de symboles, de représentations, de réalités concrètes qui font signes vers ce monde céleste, nous arrivons à en percevoir quelque chose. Celui à qui il manque ce regard vers le monde d’en-haut passe à côté de l’essentiel, et ne peut finalement avoir qu’un jugement très biaisé sur tout ce qui nous arrive.

Le plan de Dieu sur tout groupe humain constitué, c’est qu’il manifeste quelque chose de la perfection divine au travers de perfections angéliques et humaines particulières. C’est une divine comédie à travers tout le réel pour chanter et magnifier les splendeurs de la divinité. Les anges des chœurs supérieurs se trouvent avoir des représentants et des ambassadeurs dans le monde humain pour que nous en saisissions quelque chose. C’est ce que l’on appelle une élection. Il ne faut pas confondre cela avec une vocation, même si toute vocation est une élection. Il ne faut pas voir l’élection d’une manière figée, car, selon nous, nous passons tous à tour de rôle aux divers niveaux de représentations, pour que notre mystère, en lien avec celui des anges des chœurs supérieurs avec lesquels nous sommes liés, apporte sa contribution à la divine symphonie. Cette fonction de représentation peut advenir pour certains dès cette terre, mais elle adviendra en tout cas pour tout le monde, à tour de rôle, tout au long de la vie éternelle qui nous attend. Notons que la Vierge Marie et saint Joseph sont au-delà de ces élections et représentations, car ils sont les gardiens du Règne de Christ. Ils veillent sur leurs enfants, et sur toute la liturgie qui se déploie autour du Christ

Le projet de Dieu sur tout groupe humain constitué est lié à celui de ses anges gardiens, qui peuvent être de chœur plus ou moins élevé. Et cela quelque soit la taille ou la nature du groupe humain : religieux, culturel, politique, associatif, intellectuel, familial, etc. Il faut voir en chacun une contribution à la divine comédie. Du moins, c’est le projet de Dieu si ce groupe n’est pas intrinsèquement pervers, s’il n’est pas une association de malfaiteurs. Dans ce dernier cas, c’est de manière tragique que se réalise le projet divin. Souvent, dans un groupe humain, les choses sont mélangées : la comédie côtoie la tragédie.

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Le témoignage du Pain de Vie

Vitrail représentant L’institution de l’Eucharistie, la Cène, dans l’église Saint-Sulpice à Breteuil-sur-Iton

Dans l’Évangile, le discours de Jésus sur le Pain de Vie, que l’on trouve par exemple au chapitre 6 de saint Jean, a été la cause d’une forte incompréhension de la part de beaucoup de disciples, et du départ d’un grand nombre.

« Je suis le pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à jamais. Et le pain que moi, je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde. » (Jn 6, 51)

« En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. » (Jn 6, 53-56).

On aura beau dire que, dans la crise actuelle, nous pouvons nous passer de l’Eucharistie et de la Communion, que l’on peut vivre de la charité chrétienne et d’autres formes de prières, plus spirituelles, il n’en reste pas moins que ce n’est pas l’Évangile. « Faites cela en mémoire de moi. » (Luc 22, 19). Dieu veut que son salut passe par la Communion, Dieu veut que son salut passe par l’Eucharistie, où l’on est vraiment en présence du mystère pascal. Nous avons détaillé par ailleurs en quoi tout cela était lié au mystère de l’Incarnation, qui est central, et qui est ce que le démon cherche avant tout à détruire.

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Bientôt l’aurore !

Confinés, déconfinés, reconfinés… Privés de messes et de sacrements… Affaiblis par tant de mesures déstructurantes pour la société… Nous avions érigé la liberté et les droits individuels en idole… Mais il y a finalement quelque chose que nous idolâtrons plus que cela : nous avons été prêts à tout sacrifier pour la santé ! Au nom d’un petit virus, nous sommes en train d’oublier que la relation entre nous et la relation avec Dieu est plus importante que la santé. Au nom d’un petit virus, nous sommes en train de mettre notre pays au bord du chaos. Nous avons beau faire semblant et nous rassurer en nous disant que tout cela était peut-être nécessaire et que cela prendra fin, que nous sortirons du tunnel, j’ai bien peur que nous allons bientôt assister à la fin du monde tel que nous l’avons connu.

La foi chrétienne nous dit que, depuis que des anges ont renié Dieu, il y a un complot pour détruire l’humanité, pour détruire notre monde, pour détruire l’œuvre de Dieu : c’est celui des démons. Qui concrètement parmi les hommes et les femmes servent les démons ? C’est difficile à dire : certains le font très inconsciemment, d’autres beaucoup plus consciemment. Mais, en tout cas, il y a bien un complot. Et par des êtres qui ont une intelligence bien supérieure à la nôtre.

Aujourd’hui, l’on voit une sorte de nébuleuse mondialiste, qui, tel un Dragon, s’apprête à déstructurer complètement notre monde par des subterfuges très élaborés, pour réaliser son œuvre de mort, pour faire disparaître la vie authentiquement humaine et chrétienne. Pourra-t-elle être arrêtée ?

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Objection de conscience

Alors que se dessine l’éventualité de ne pas avoir de messes publiques dans les prochains mois, nous ne pouvons que reprendre le cri de nombreux martyrs pour leur foi : Non possumus ! Nous ne pouvons pas ! Nous ne pouvons pas vivre sans le sacrement de l’Eucharistie. Il y a eu parfois des exceptions à cela. Mais nous ne pouvons pas priver tout un peuple de la messe et de la communion.

L’atteinte à la liberté de pratiquer librement sa religion a toujours été dans l’histoire le signe clair de la mise en place d’une dictature. Il s’agit pour nous d’une dictature sanitaire, dont la mise en place est certes progressive, mais réelle. Elle se cache derrière le faux semblant de la protection des plus faibles. Mais au nom de cela, nous sommes en train de commettre des maux immenses : déstructuration de l’économie, déstabilisation de la vie sociale, traumatisme psychologique, repli sur soi, dépression, agressivité, etc. La liste serait longue. Combien sont morts durant les derniers mois, et mourront dans les prochaines années, de tout autre chose que du coronavirus, mais d’un tout autre chose qui provient directement de nos mesures sanitaires ? Le plus meurtrier dans l’histoire n’est pas le coronavirus, mais la folie et la psychose de la réaction des hommes devant ce petit virus.

C’est pourquoi nous sommes pour notre part favorable à ce que soit inscrit dans la constitution le droit à l’objection de conscience devant toute mesure sanitaire. Nous ne croyons pas que l’État doit avoir le droit absolu de dicter notre conduite en ce qui concerne la santé. Il est temps que nous nous réveillons pour réclament ce droit. Sinon, nous finirons bel et bien en dictature. Nous sommes pour la liberté. Et la liberté de chacun de trouver la meilleure conduite dans sa propre situation quand la santé est en jeu. Bien sûr, l’État peut donner des préconisations, mais il ne peut imposer à tous des comportements comme il le fait maintenant. Ou alors c’est que l’on a absolutisé l’État. Certains pourraient dire que demander ainsi l’objection de conscience pour la santé est dérisoire, ou que des maladies plus dangereuses que le coronavirus légitiment le droit de l’État à nous imposer des mesures sanitaires. Mais ce serait vivre dans l’illusion sur la bonté de l’État moderne, et ne pas prendre la mesure des enjeux actuels où réclamer un régime de liberté en la matière va devenir plus que nécessaire.

Nous sommes aussi pour l’arrêt au plus tôt de ce confinement que nous jugeons délétère : pour les familles, pour la société, pour tous. Bien sûr, les centres de réanimation risquent d’être débordés, mais il vaut mieux cela que la déstructuration de toute la société. En politique, il ne s’agit pas de servir la santé de quelques uns, mais le bien commun. C’est là la vraie philanthropie, la vraie civilité, le vrai esprit civique. Si ce confinement continue, il n’y a plus qu’une chose qui nous sauvera : c’est la charité. La charité concrète envers Dieu et envers son prochain. Il faut s’engager pour cela, quitte à jeûner quelque peu de certaines de nos activités de ce monde qui ne veut pas glorifier Dieu (travail, télé, etc.). Quitte à oser franchir certaines barrières pour rencontrer l’autre concrètement.

D’ici peu de temps, le conseil d’État va se prononcer sur la possibilité ou non de retourner à la messe librement. Qu’allons-nous faire s’il nous refuse ce droit ? Pour ma part, je suis entre autre pour une résistance eucharistique qui consiste à apporter au plus grand nombre la communion par tous nos déplacements autorisés. Le virus circule. Eh bien, faisons circuler Jésus-Hostie ! Les gestes de l’amour se trouvent restreints. Eh bien, usons du sacrement de la Communion ! Communier, c’est déjà quelque chose du sacrement de l’Eucharistie : l’Hostie est la res et sacramentum comme l’on dit en théologie. C’est la présence réelle de Jésus. C’est Jésus qui se donne à nous avec certitude. Il faut l’apporter à tous, et pas seulement aux malades, car nous avons tous besoin de sacrements pour être fidèles à notre vocation chrétienne. Nos prêtres seront bien insuffisants pour une telle tâche. C’est pourquoi nous pensons que les laïcs doivent être grandement mis à contribution pour cela. Il faut se proposer pour cela, et convaincre nos prêtres que c’est là une chose essentielle à faire. On ne peut priver les fidèles plus longtemps de la source sacramentelle. Toute mission de l’Église prend sa source dans l’Eucharistie. Si Jésus, par l’Hostie, par le Pain de Vie, visite son peuple, alors il y a fort à parier qu’il nous renouvellera et nous mènera vers des jours meilleurs.

Si, ô joie, le conseil d’État nous autorise à célébrer le culte divin, nous pensons que notre idée reste valable pour tous ceux qui risquent de se retrouver sur le bord de la route en n’osant pas aller à l’église durant ce confinement : il faudra leur porter Jésus-Hostie, il faudra leur porter le Pain de Vie. Et, à nouveau pour cela, les prêtres ne suffiront pas à la tâche. Il faudra mettre à contribution les laïcs.

Le temps que nous vivons, nous l’avons dit par ailleurs, doit être vécu comme une préparation à Noël, à la fête de l’Incarnation. Il nous faut prendre le chemin de l’Incarnation, et non de la virtualisation. Celui de l’amour dans des gestes concrets, et non du repli derrière des barrières infranchissables.

Bon chemin vers Noël !


Addendum (5/12/20) :

Il est sorti dans les grands médias que le confinement et les couvre-feux étaient inutiles (cf vidéo de LCI ci-dessous), et que l’État était en mesure de savoir que l’épidémie était en décrue avant même le début du confinement, et ce par les prélèvements dans les égouts. Et ils n’en ont fait qu’à leur tête… Cela rend d’autant plus actuel nos propos ci-dessus.

Des anges, de leur existence et de leur sexe

Puisque le monde est en feu, il est temps de parler du sexe des anges. C’est une longue tradition depuis la chute de l’empire d’Orient sous les assauts des armées musulmanes en 1453 de procéder ainsi en de telles situations. Cela peut faire rire, mais à chacun de savoir où sont ses priorités. Nous ne faisons pas ici de l’ironie mal placée, mais nous désignons au contraire le point sur lequel notre civilisation a échoué ; et qui peut donc être le lieu d’un renouveau. À vous de vous faire une idée si vous acceptez de prendre le temps de nous lire dans nos différents articles. Nous regarderons ici tout d’abord la question de l’existence des anges, puis celle de leur sexe.

Les anges, donc, qui nous écoutent et sont prêts de nous, sont des êtres purement spirituels. Les diverses religions et cultures attestent de leur existence. Mais peut-on prouver cette existence par la raison humaine ? Certains diront que non, et que cela relèvent seulement de la foi. D’autres, comme saint Thomas d’Aquin et nous-mêmes, soutiendront que cela est possible. La preuve repose essentiellement sur l’argument de la complétude de l’univers des créatures.

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Corona… quoi ?

Et voilà ! Encore un article sur la crise actuelle. À quoi bon finalement ajouter encore à la cacophonie ambiante et parler encore de ce sujet ? La psychose qui se généralise dans notre société devrait nous conduire à ne plus y penser et à nous intéresser à d’autres sujets pour sortir de cette crise en nous renouvelant par l’attention au mystère de la vie sous toutes ses formes. Pourtant, la question poignante de chercher le sens de tout cela nous habite et nous pousse à écrire encore là-dessus, en espérant que ce soit la dernière fois. Ce n’est pas finalement la peur, la colère ou le dépit qui nous presse en ce sens, mais l’enthousiasme pour l’œuvre que Dieu a réalisé, qu’il réalise aujourd’hui et qu’il compte réaliser demain.

Et pourquoi parler à nouveau de ce que nous disons par ailleurs de mille manières ? C’est que nous cherchons ici à aller à l’essentiel, à la fine pointe de ce qui est important pour aujourd’hui.

Alors quel est le sens de cette crise ? Vers quel avenir devons-nous porter nos pas ?

Je voudrais partager cette idée que nous sommes un peu comme les rois mages qui suivent une étoile qui doit les mener à la Crèche. Notre civilisation qui a vieilli et qui est fatiguée ne peut selon nous se renouveler qu’en entrant à nouveau dans le mystère de Noël. Bien sûr, toute grâce vient du mystère pascal. Mais le mystère de la Nativité, de cet enfant qui est Dieu et qui se rend visible entre Marie et Joseph dans une humble étable, est celui qui peut nous redonner le goût de la vie. C’est un mystère qui fait la joie des enfants, et qui unit les familles. C’est un mystère où le ciel s’ouvre et où les anges se mettent à chanter la gloire de Dieu. C’est le mystère de l’Incarnation : celui d’un Dieu qui se fait chair, celui d’un amour qui se manifeste par des gestes, des regards, des sourires, des repas, des étreintes, des présents, celui des anges qui agissent concrètement pour nous aider et nous accompagner.

C’est ce mystère de Noël qui fut, selon des traditions assez anciennes, l’objet du choix des anges qui l’ont vu par anticipation : Allaient-il servir l’Enfant-Dieu ? Allaient-il servir le mystère de Noël ? C’est ce mystère qui est sous-jacent aux combats d’aujourd’hui.

Et nous : Allons-nous servir le mystère de Noël ? Allons-nous servir le mystère de l’Incarnation ?

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Alliances éternelles

Joachim de Flore a écrit son livre Concordance pour détailler comment, en mettant en parallèle l’Ancien et le Nouveau Testament, adviendrait l’âge de l’Esprit-Saint, après celui du Père et du Fils. Il livre là une vision trinitaire de l’histoire souvent reprise par la suite, généralement avec des conceptions anti-hiérarchiques. La pensée de ce moine est perçue par la théologie catholique comme trop systémique, comme poussant un peu trop loin certaines idées, mais avec des intuitions qui peuvent être quand même intéressantes.

De fait, c’est une question intéressante. Quel progrès historique, au niveau théologique et ecclésial, est-on en droit d’attendre ? La comparaison habituelle se réfère à l’image du développement d’un corps. Dans les premiers siècles de l’Église ont été posées les structures porteuses, de la même manière que dans l’embryon se met en place les différents organes. Puis le corps se déploie, grandit et se fortifie sans que disparaisse ou qu’apparaisse un élément essentiel. Il n’y a donc pas lieu de remettre en cause les dogmes, les sacrements, les textes sacrés, la hiérarchie ecclésiastique, le célibat consacré, etc. Ce sont là les éléments vitaux du corps qu’est l’Église. Ce corps se déploie, grandit. Des personnes s’y adjoignent chaque jour, des avancées théologiques se font, des pratiques évoluent. Mais l’essentiel se maintient.

Cependant, il est dit dans la Cantique des cantiques (8, 8) : « Notre sœur est petite : elle n’a pas encore les seins formés. Que ferons-nous à notre sœur, le jour où il sera question d’elle ? » Dans le chemin de l’Église vers ses noces éternelles, après déjà un long développement, il est dit ici que des formes et des rondeurs jusque là inconnues peuvent apparaître. Cela ne remet pas en cause le reste du corps, mais cela donne de nouvelles perspectives fascinantes qui peuvent donner un autre goût à la vie ecclésiale et aux mystères théologiques. C’est ce que dit par ailleurs l’apôtre Jean, affirmant connaître des choses qu’il n’est pas encore temps pour nous de découvrir : « Et quand les sept tonnerres eurent fait entendre leurs voix, j’allais écrire ; et j’entendis du ciel une voix qui disait : Scelle ce qu’ont dit les sept tonnerres, et ne l’écris pas… mais qu’aux jours de la voix du septième ange, quand il sonnera de la trompette, le mystère de Dieu s’accomplira, comme il l’a annoncé à ses serviteurs, les prophètes. » (Ap 10, 4-7). Il est dit de fait que l’Esprit-Saint doit nous mener dans la vérité toute entière (Jn 16, 13).

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Demande pour toi un signe

« YHWH parla encore à Achaz en disant : Demande un signe à YHWH ton Dieu, au fond, dans le shéol, ou vers les hauteurs, au-dessus.

Et Achaz dit : Je ne demanderai rien, je ne tenterai pas YHWH.

Il dit alors : Écoutez donc, maison de David ! Est-ce trop peu pour vous de lasser les hommes, que vous lassiez aussi mon Dieu ? C’est pourquoi le Seigneur lui-même donnera un signe : Voici, la jeune femme est enceinte, elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom d’Emmanuel. Il mangera du lait caillé et du miel jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien. Car avant que l’enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, elle sera abandonnée, la terre dont les deux rois te jettent dans l’épouvante. YHWH fera venir sur toi, sur ton peuple et sur la maison de ton père des jours tels qu’il n’en est pas venu depuis la séparation d’Éphraïm et de Juda (le roi d’Assur). »

Livre d’Isaïe 7, 10-17.

Demander un signe. L’expansion de l’Église et la vie des saints sont ponctuées de signes pour mener les gens à croire. Ce n’est pas que le signe force la liberté, mais il pousse au choix. Il met en présence de Dieu et de son mystère. Et c’est à nous de savoir si nous voulons adhérer à Dieu ou le rejeter, aimer ou refuser son amour. C’est le choix fondamental de toute vie.

Nous pourrions croire que le signe devient un jour dépassé, et que nous pouvons aller vers la seule rencontre intérieure avec le Seigneur. Mais c’est oublier que la parole humaine est incapable de signifier les choses de Dieu, et ne peut donc pas nous maintenir dans une vraie rencontre avec Lui. Il faut toujours un signe qui l’accompagne, un geste. Sinon, nous réduisons le mystère à une idéologie toute humaine. Nous ne pouvons nous contenter de penser et de parler, il faut que les réalités matérielles signifient. Sinon, nous n’allons pas vraiment à Dieu. Nous trouvons cela dans la liturgie et les sacrements, et cela doit s’étendre à toute la vie. Mais il faut bien voir que nous avons besoin de signes qui dépassent les capacités humaines pour signifier en ce monde les splendeurs de Dieu et des anges. Nous avons besoin de miracles, pour que la rencontre entre Dieu et son peuple soit réelle. S’il n’y a pas de tels signes, c’est que la rencontre n’est pas réelle, ou que nous sommes dans une situation déficiente, comme l’est le défunt qui n’a plus la matière de son corps pour exprimer son âme.

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